| Terre vivante
Il y a plus de 40 ans, nous semions une première graine.
Celle d’une écologie concrète et inspirante.
Depuis, nous n’avons cessé de la cultiver.
Aujourd’hui, les livres de Terre vivante accompagnent des milliers de citoyens pour explorer des modes de vie écologiques et construire un monde durable.
Installés au cœur de la nature, nous explorons et transmettons les multiples chemins de l’écologie.
Pourtant, dans les années 70, parler d’écologie relève encore de l’utopie…
À peine quelques voix s’élèvent. Quelques agriculteurs pionniers expérimentent une agriculture sans engrais ni pesticides. Des livres commencent à alerter, comme Printemps silencieux de Rachel Carson qui révèle au monde les effets des pesticides. Le Club de Rome questionne les limites de la croissance. En France, des figures comme René Dumont osent porter l’écologie jusque dans le débat présidentiel.
À cette époque, l’écologie n’est ni un marché, ni une évidence. C’est une intuition, une conviction presque souterraine.
C’est cependant dans ce contexte que l’aventure de Terre vivante commence, à Paris, dans un petit local de la rue Saulnier dans le IXe arrondissement.
Non pas pour « vendre » de l’écologie, mais parce que des convaincus ressentent la nécessité de transmettre.
Parmi eux, Claude Aubert, engagé dès les années 70 au sein de Nature & Progrès, l’une des premières associations d’agriculture biologique en France. Ingénieur agronome, il milite pour une agriculture sans intrants chimiques. L’après mai 68 où « il est interdit d’interdire » lui permet de donner des conférences dans les écoles d’agronomie, à contre-courant des idées enseignées.
À ses côtés, Karin Mundt, communicante et curieuse du monde, voyage, observe, échange. Elle connaît les initiatives internationales et est convaincue que ces idées doivent sortir des cercles militants pour être partagées.
Ils se rencontrent, imaginent, rassemblent.
En 1979, avec cinq compagnons, ils lancent un pari fou : créer une revue dédiée au jardinage biologique. Ce sera la première du genre en France.
Chacun investit modestement. Un appel à souscription est lancé. 1000 abonnés répondent présents.
En 1980, le premier numéro des 4 Saisons voit le jour et compte très rapidement 20 000 abonnés.
La graine est semée.
Très vite, l’élan va au-delà du magazine.
Si le jardin est la porte d’entrée, les enjeux sont plus vastes : alimentation, santé, modes de vie… les questions existent, les réponses aussi.
Publier des livres s’impose comme une suite naturelle. Pour approfondir les sujets et accompagner les pratiques.
Au fil du temps, notre catalogue se diversifie et devient une bibliothèque du vivant : jardinage bio, alimentation saine, habitat écologique, santé au naturel, consommation responsable, lien à la nature…
Nos 350 ouvrages sont écrits par des experts en leur domaine, qui partagent nos convictions.
Si nos auteurs sont très divers dans leurs métiers – jardiniers, médecins, naturalistes, scientifiques, ingénieurs, artistes… –, ils ont comme point commun l’envie de partager des savoirs fiables, concrets et accessibles.
Notre métier, c’est l’édition.
Notre passion, le vivant.
Notre vocation, la transmission.
Cette transmission dépasse aujourd’hui le livre.
Podcasts, vidéos, articles en ligne, conférences… nous déclinons différents formats pour accompagner chacun et chacune selon ses besoins. Avec une même exigence : vulgariser sans simplifier à l’excès.
Nos contenus sont pointus ou plus accessibles, pratiques ou invitant à l’émerveillement.
À Terre vivante, les idées se vivent autant qu’elles s’écrivent…
Au début des années 90, nous faisons un autre pari : créer un lieu pour passer des mots à la pratique.
L’équipe troque le métro parisien pour les routes de montagne, direction le Trièves !
C’est ici, au pied du Vercors, sur un domaine de 50 hectares, que nous nous installons, après deux ans de recherches.
Rares sont les maisons d’édition implantées en milieu rural. Encore plus rares celles nichées en pleine nature !
Perchée en haut d’un chemin bucolique, la Maison bleue abrite nos bureaux, où travaille une vingtaine de personnes.
Autour d’elle, le Centre écologique prend vie, ouvert au public pour découvrir, comprendre et s’inspirer.
Les visiteurs sont au rendez-vous.
Le Centre est aussi, pour nous, un terrain d’expérimentation, un véritable laboratoire à ciel ouvert.
Les sols, très argileux à l’origine, sont à présent équilibrés et productifs grâce aux apports de compost et à notre outil fétiche, la grelinette.
D’année en année, les haies, mares, clairières, potagers dessinent un paysage riche et foisonnant, une fresque pédagogique à part entière.
Jardins, habitats, expérimentations : les savoirs prennent vie.
On observe, on teste, on apprend. Et on relie : les livres au réel, les idées aux pratiques, les lecteurs au terrain.
Livres, magazine et Centre écologique forment un écosystème, où tout se répond et s’enrichit.
Nous cultivons des idées, des pratiques et des livres… comme on cultive un jardin.
Cette cohérence va jusque dans nos choix les plus concrets.
Nous limitons volontairement notre production à environ 50 nouveautés par an.
Nombreux sont nos livres à traverser le temps, loin des effets de mode.
Le guide du jardin bio (publié en 1985) ou L’isolation thermique écologique (publié en 2001), continuent d’accompagner des générations de lecteurs.
Des livres avant-gardistes trouvent également leur public, comme Le petit traité du jardin punk (2018) ou Bienvenue en Syntropie ! (2024).
Plus de 6 millions d’exemplaires ont été diffusés depuis nos débuts, avec une même exigence : publier juste, tout en s’adaptant aux nouveaux besoins.
Nous imprimons 95 % de nos livres en France, sur des papiers recyclés ou certifiés PEFC, avec des encres à base d’huile végétale.
En 2011, nous avons réalisé une Analyse de Cycle de Vie de nos livres pour avoir des données très précises sur leur impact environnemental, à chaque étape de leur fabrication. Ce fut une première en France !
Cette ACV est encore aujourd’hui une référence dans le monde de l’édition, pour l’Association de l’écologie du livre par exemple.
Au quotidien, nos bureaux sont économes en énergie, l’électricité est fournie par des panneaux photovoltaïques, notre chauffage est au bois, nous compostons…
Et récemment, nous avons signé une Obligation Réelle Environnementale, qui garantit la protection du vivant sur notre domaine pendant les 99 prochaines années, quels que soient les propriétaires du lieu.
Notre indépendance fait aussi partie de notre ADN.
En 2005, nous avons investi pleinement le champ économique en transformant l’association en entreprise coopérative (SCOP).
Ainsi, Terre vivante appartient à ses associés (95 % de ses salariés), avec une gouvernance partagée. Dans ce modèle, une personne égale à une voix, quel que soit le nombre de parts détenues.
Depuis 1980, nous creusons notre sillon, fidèles aux valeurs qui ont fondé Terre vivante.
Sans étiquette, sans greenwashing.
Avec constance, lucidité et passion.
Pour encourager l’autonomie sans perdre de vue le collectif.
Pour donner envie d’agir ici et maintenant.
L’écologie s’est largement diffusée. Dans nos gestes, nos choix, nos conversations.
Mais dans un monde saturé d’informations, parfois traversé par le doute ou l’éco-anxiété, un nouveau besoin émerge : respirer, rêver, se projeter.
Alors nous continuons.
En explorant de nouveaux formats, de nouvelles écritures, de nouveaux imaginaires.
En ouvrant des horizons qui donnent envie d’agir sans céder au découragement.
Qui donnent aussi envie de contempler.
Parce que préserver le vivant, c’est aussi apprendre à l’aimer.
Et pour agir, il faut ressentir.
Aujourd’hui, les graines de l’éco-conscience ont germé.
Notre mission reste plus que jamais d’en semer d’autres, pour une terre toujours plus… vivante.








