Petite mise au point préalable : le chardon qui nous occupe ici est le chardon des champs, Cirsium arvense, redoutable envahisseur des prés et des jardins, et non ses proches ou lointains cousins cirses, panicauts, cardères et autres. On compte en effet parmi eux quelques espèces protégées (1) et d’autres qui ont un réel intérêt ornemental et dont fleurs et graines nourrissent bon nombre de petites bêtes sympathiques, sans oublier celles qui ont des vertus médicinales (2).
Parmi les vrais gêneurs – un peu moins envahissants que le chardon des champs –, vous pouvez également avoir affaire au cirse commun ou lancéolé (Cirsium vulgare), qui préfère les terrains calcaires, ou au chardon à tête dense (Carduus pycnocephalus), en zone méditerranéenne.
Le chardon des champs est fréquent partout en France, avec une prédilection pour les sols fertiles (d’où ce vieux dicton : « terre à chardons, terre à millions »), frais et plutôt argileux. Il colonise de préférence les grandes cultures, les prairies et les cultures pérennes : vignes, vergers, pépinières… Il a un peu plus de mal à s’installer chez les maraîchers du fait de la succession rapide des cultures et du travail du sol plus fréquent. Les jardiniers n’ont pas toujours ce privilège, surtout lorsqu’ils veulent mettre en culture un terrain quelque peu délaissé.
La difficulté à le maîtriser vient de la physiologie particulière de ce chardon vivace : il peut se multiplier par ses graines (jusqu’à 5 000 par pousse), mais le fait surtout grâce à son système racinaire qui lui permet de progresser par taches et lui assure une extraordinaire résistance.
Ses racines verticales peuvent descendre à plusieurs mètres de profondeur, et des rhizomes horizontaux, généralement situés sous la partie travaillée, stockent des réserves et émettent de nouvelles pousses drageonnantes, pendant que vous vous appliquez à extirper les premières.

Ainsi apparaissent de petites rosettes, formées d’abord de deux cotylédons bien lisses et charnus qui peuvent faire illusion, avant que ne sortent les deux premières feuilles caractéristiques (dessin ci-dessous), avec une marge hérissée de minuscules épines et une face inférieure couverte de poils blanchâtres. La plante adulte, que chacun reconnaît, peut monter jusqu’à 1,50 m. Ses capitules fleurissent de juillet à octobre et sont butinés par de nombreux insectes et papillons… mais il est préférable d’intervenir avant.

1. Sont notamment protégés le panicaut des champs (Eryngium campestre) et le panicaut de mer (Eryngium maritimum) en Nord Pas-de-Calais et Bretagne, le cirse de Montpellier (Cirsium monspesulanum) et le cirse faux hélonium (Cirsium helenioides) en Rhône-Alpes.
2. Par exemple, le chardon Marie, aux larges feuilles épineuses tachées de blanc, est utilisé en phytothérapie pour ses effets bénéfiques sur le foie.
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Pucerons, mildiou, limaces...
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