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Les biocides : les pesticides domestiques oubliés

Désinfectant Squirrel_photos, Pixabay

Squirrel_photos, Pixabay

14/04/21 - Savez-vous ce qu'ont en commun le collier anti-puces de votre chien, les produits pour protéger une terrasse en bois ou les nettoyants à l'eau de javel ? Ce sont tous des biocides, des pesticides domestiques. Dangereux tant pour la santé humaine et celle des animaux que pour l'environnement, ces substances toxiques oubliées sont utilisées au quotidien. Il existe pourtant des alternatives naturelles pour s'en passer.

Avec plus de 5 400 produits pesticides domestiques identifiés dans l'étude Pesti'home menée par l'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire a pu conclure que « l'utilisation des pesticides à domicile est généralisée : 75 % des ménages ont utilisé au moins un produit pesticide dans les 12 mois précédant la date de l'enquête ». Spray et répulsifs contre les moustiques et autres insectes volants ou rampants, herbicides pour les plantes d'intérieur et d'extérieur, shampoing anti-poux et médicaments antiparasitaires, peinture et traitements contre les moisissures ou encore désinfectants, ces substances qui visent à éradiquer les organismes vivants dits nuisibles ne sont pas sélectives - destinées à un but précis, elles finissent généralement dans la nature, polluent les sols, l'air et les rivières. « Par définition actifs », ces produits sont « donc susceptibles d'induire des effets néfastes sur l'homme » selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

Prévention et alternatives

Identifier ces différents produits, connaître et respecter leurs précautions d'emploi, mais aussi prendre conscience de leurs effets délétères est ainsi fondamental, d'autant plus que de nombreuses solutions naturelles existent pour s'en passer. Dans cet objectif de sensibilisation et d'accompagnement, l'association Eau et rivières de Bretagne, la Maison de la bio 29 et la Maison de la consommation et de l'environnement ont publié fin 2020 une fiche d'information téléchargeable gratuitement en ligne intitulée "Les biocides, des pesticides méconnus". Pour Dominique Le Goux, chargée de mission pesticides et santé dans l'association Eaux et rivières de Bretagne, cette fiche constitue un premier pas : « C'est une découverte de ce que sont ces produits, où on peut les retrouver, essayer de faire comprendre les grandes généralités et toutes les alternatives qui sont possibles. » En effet, cette fiche invite à échanger certains produits pour d'autres plus écologiques, mais propose aussi des gestes et techniques faciles à adopter. Privilégier les répulsifs naturels et installer des moustiquaires ou des rideaux de perles permettront par exemple de se prémunir contre les moustiques. Aérer quotidiennement son logement favorisera le renouvellement de l'air ambiant, chassera les polluants intérieurs, les poussières mais aussi l'humidité et limitera ainsi les moisissures. Au-delà de l'aspect écologique, ces solutions plus saines se révèlent parfois même plus économiques que les produits chimiques : un avantage pour l'environnement, pour votre santé et pour votre porte-monnaie !

Si vous souhaitez en apprendre plus pour vous passer des biocides à la maison, vous trouverez la fiche "Les biocides, des pesticides méconnus" en suivant ce lien.

Vous pouvez également trouver des recettes pour fabriquer vous-même vos produits ménagers dans le livre Je fabrique mes produits ménagers aux éditions Terre vivante.

Madeleine Goujon

Biennale des villes en transition 2021 : 4 jours pour penser la ville de demain

Biennale Villes en transition 2021, Ville de Grenoble

Biennale villes en transition 2021, ville de Grenoble

31/03/21 - La biennale des villes en transition organisée par la ville de Grenoble revient pour sa troisième édition du 1er au 4 avril 2021. Principalement en ligne, de nombreux ateliers, conférences et débats seront proposés pour repenser la ville d'aujourd'hui et de demain.

Partant du constat que « notre modèle de société n'est pas compatible avec les limites de notre planète », la ville de Grenoble organise pour la troisième fois sa biennale des villes en transition du 1er au 4 avril pour réfléchir collectivement et mettre en place des outils pour modifier la trajectoire de notre modèle. Avec pour thématique « le temps de l'essentiel », l'événement offre quatre jours pour repenser les bases d'une société plus respectueuse de l'environnement, mais aussi plus démocratique et sociale. Faisant suite à la biennale sur l'habitat durable, la biennale des villes en transition invite à faire évoluer l'urbanisme « pour construire une meilleure qualité de vie dans l'espace public » selon la page Facebook de la ville.

Sensibiliser et agir

En 2019, certaines soirées de la biennale avaient attiré près d'un millier de personnes au Palais des sports de Grenoble, dont notamment celle animée par Pablo Servigne dans le cadre du cycle de rencontres « Défier les catastrophes, réussir les transitions ». Au vu des contraintes sanitaires, la biennale 2021 sera quant à elle majoritairement en ligne. Elle proposera néanmoins ateliers, conférences, débats, quiz et autres échanges pour réfléchir, ensemble, aux solutions concrètes permettant cette triple transition sociale, démocratique et environnementale. L'idée étant de s'inspirer et mettre en lumière des innovations et expériences locales mais aussi nationales et internationales. Éco-quartiers, mobilité douce, gestion des déchets, matériaux naturels, résidence autonome en énergie ou encore repair café seront abordés durant la biennale. Pour l'occasion, Terre vivante co-organise également avec le Muséum d'histoire naturelle de Grenoble une visioconférence jeudi 1er avril à 18h30. Grégory Derville, enseignant spécialisé en politiques environnementales et auteur aux éditions Terre vivante y présentera différents outils concrets pour réussir ensemble la transition écologique.

Vous pourrez trouver le programme de la biennale des villes en transition et les liens d'inscription aux différentes activités sur le site dédié à l'événement.

Madeleine Goujon

La taxe sur les abris de jardin encore augmentée en 2021

Cabanon, Manfred Antranias Zimmer, Pixabay

Manfred Antranias Zimmer, Pixabay

4/02/21 - Vous projetez de construire un abri dans votre jardin ? Agrandir votre maison ou même construire une piscine ? Vous devrez surement vous acquitter d’une taxe d’aménagement. Révisée chaque année, la valeur forfaitaire constituant la base de cet impôt local a encore augmenté en 2021, atteignant 767€ par m² hors Île-de-France, et 870€ en Île-de-France.

Le Gouvernement a dévoilé les tarifs au m² de surface de construction actualisés pour l’année 2021. Ces valeurs forfaitaires constituent l’assiette de la taxe d’aménagement, un impôt local unique - à ne payer qu'une seule fois - s’appliquant à « toutes les opérations soumises à autorisation d’urbanisme ». Selon le site officiel de l’administration française, cette taxe est due pour toute nouvelle « construction, reconstruction et agrandissement de bâtiments, aménagement et installation de toute nature ». Les annexes à l’extérieur d’une maison ou les abris de jardin sont ainsi visés par cet impôt. Ce dernier ne concerne cependant pas les surfaces de plancher de constructions non couvertes (telles que les terrasses) ou ouvertes sur l’extérieur (telles que les pergolas), ni les surfaces dont la superficie serait inférieure ou égale à 5m² et la hauteur de plafond serait inférieure ou égale à 1,8m.

Les tarifs pour 2021

Révisées annuellement en fonction du dernier indice du coût de la construction – publié par l’Insee chaque trimestre –, les valeurs forfaitaires pour 2021 ont encore été augmentées : le tarif est passé de 759€ par m² en 2020 à 767€ en 2021 hors Île-de-France, et de 860€ à 870€ en Île-de-France. Perçue localement, la taxe d’aménagement est composée de deux parts (communale ou intercommunale et départementale), ou de trois parts en Île-de-France (communale ou intercommunale, départementale et régionale). Chaque collectivité locale fixe un taux – plafonné – qui entrera dans le calcul final de la taxe. Certaines installations font néanmoins l’objet d’un montant spécifique : les piscines sont par exemple taxées à hauteur de 200€ par m² et les panneaux photovoltaïques fixés au sol à 10€ par m².

Un indice de réparabilité pour réduire les déchets et lutter contre l’obsolescence programmée

Indice de réparabilité MTE (seul)

Ministère de la Transition écologique

20/01/21 - Depuis le 1er janvier 2021, un nouveau logo visant à mieux informer les consommateurs a fait surface sur certains produits électriques et électroniques : l’indice de réparabilité. Une note sur 10 qui devra être apposée sur lave-linges, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon pour éclairer les acheteurs sur le caractère réparable de ces produits, et ainsi réduire la quantité d’appareils jetés prématurément.

« Allonger de 50 % la durée de vie des équipements informatiques et de télécommunication, des meubles, du textile et de l’électroménager permettrait, selon l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), de réduire 77 millions de tonnes de CO2 par an ». D’après une étude de l’ADEME, 91 % des Français considèrent que la « réparation permet de réduire la quantité de déchets produits ». Pourtant, seulement 36 % répareraient ou feraient réparer leurs produits qui seraient tombés en panne. Plusieurs raisons expliqueraient cette pratique, à commencer par le coût de la réparation, la complexité ou lourdeur de la réparation ou encore le manque d’information.

« Faire du caractère réparable un critère de choix d’achat. »

Dans l’optique d’allonger la durée d’utilisation des produits, de lutter contre le gaspillage électronique, la surconsommation de ressources et la production de déchets, le Gouvernement a rendu obligatoire depuis le 1er janvier 2021 un indice de réparabilité sur certains produits électriques et électroniques. Sous la forme d’un pictogramme composé d’une clé et d’un écrou, d’une note accompagnée de couleurs allant du rouge au vert en fonction du résultat compris entre 0/10 et 10/10, la nouvelle signalétique vise à mieux informer les consommateurs sur le caractère réparable, difficilement réparable ou non réparable des produits, et ainsi « faire du caractère réparable un critère de choix d’achat ». L’indice cherche également, selon le Ministère de la Transition écologique, à impliquer d’avantage les producteurs dans une « production responsable de meilleure éco-conception ». Pour le moment, ces notes ne concernent que cinq catégories pilotes de produits vendus neufs, en ligne comme en magasins : les lave-linges, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon. Avec l’objectif du Gouvernement d’atteindre « 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques d’ici 5 ans » - étant aujourd’hui aux alentours de 40 % - l’indice a vocation à s’appliquer à d’autres catégories de produits dans les années à venir.

Ministère de la Transition écologique

Les critères de l’indice

L’indice de réparabilité est calculé sur la base de cinq critères : la qualité et la disponibilité de la documentation fournie ; la facilité de démontage des pièces principales selon les différents produits ; la disponibilité des pièces détachées ; le prix de ces pièces détachées ; et des critères spécifiques aux produits. Ces critères prennent ainsi en compte les conseils d’utilisation et d’entretien, les schémas de démontage ou manuel d’instruction de réparation accompagnant les produits, le type d’outils auquel il faut recourir, la possibilité de reprogrammer les logiciels d’ordinateur et de smartphone, d’avoir un compteur d’usage pour les lave-linges, ou encore le prix de réparation en comparaison avec la valeur d’achat. En effet, comme le rappelle l’entreprise Spareka, spécialiste de l’auto-réparation dans une vidéo, « si le prix de la réparation est supérieur à 30 % de la valeur d’achat de l’appareil, généralement, le consommateur ne va pas faire réparer son appareil ».

Un premier pas encourageant une consommation plus durable

Si les amendes encourues pour non respect de l’obligation - jusqu’à 15 000 € - sont jugées insuffisantes par des associations telles que HOP qui les considère « peu dissuasives », l’indice de réparabilité n’est qu’un premier pas pour une meilleure transparence et information du consommateur. En effet, la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire prévoit également l’apparition en 2024 d’un indice de durabilité, qui lui, devrait éclairer sur la fiabilité et la robustesse des appareils. D’ailleurs, bien que l’indice de réparabilité soit directement fourni par le producteur ou l’importateur, la loi impose au vendeur de mettre « à disposition des consommateurs les paramètres ayant permis d'établir l'indice ». Comme l’association HOP l’avait ainsi fait remarquer, il sera donc possible « de vérifier les informations… et d’interpeller les mauvais élèves ! »

La Fabrique Aviva : votez pour financer des projets d’écoconstruction

Carton Tania Melnyczuk, Unsplash

Tania Melnyczuk, Unsplash

7/01/21 - Pour la cinquième année consécutive, la Fabrique Aviva revient avec son concours national visant à récompenser les meilleures idées entrepreneuriales innovantes et utiles. Pour l’édition 2020-2021, de nombreux projets d’écoconstruction, tiers-lieux avec matériaux responsables et jardins partagés ont été proposés. Vous pourrez dès le 12 janvier élire vos projets préférés pour qu’ils reçoivent jusqu’à 160 000 euros … Alors à vos votes !

Chaque année depuis 2016, la Fabrique Aviva propose de soutenir l’entrepreneuriat français en finançant des projets concrets et innovants présentant une utilité sociale, environnementale ou sociétale. Sa devise : « Faisons de vos idées le monde de demain ! » L’application Yuka avait notamment été lauréate de la deuxième édition. Selon Anne Guilbaud de l’entreprise d’audit Mazars, partenaire de l’évènement aux côtés de l’association Ticket for Change, qui s'exprimait dans une vidéo, il n’y a « jamais eu autant de projets » que pour cette cinquième édition, et ce, malgré le contexte sanitaire actuel, « donc c’est très positif ». Sur les 1 447 projets déposés entre octobre et novembre 2020, 749 projets ont été retenus - environ 150 dans chacune des cinq régions Aviva. Au total, quinze projets - trois par région - seront récompensés, se partageant une enveloppe d’un million d’euros.

Les projets d’écoconstruction

« Cette année on distingue trois grandes thématiques de projets », explique Jeanne Duboille de Ticket for Change : des projets « en rapport avec l’éducation ou l’orientation des jeunes et des moins jeunes », des projets « qui vont s’attaquer aux problématiques d’isolement, ou de mieux vivre un confinement », et finalement des projets « de tiers-lieux ». Ainsi, aux côtés de projets d’épiceries itinérantes, de recycleries, de vêtements éco-conçus, de sensibilisation au gaspillage alimentaire ou au prêt de logements vacants pour des personnes en grande précarité, plusieurs projets visent à créer des espaces de vie avec jardins partagés en permaculture et utilisation de matériaux responsables. Plateforme de valorisation et réemploi des « déchets » du bâtiment, habitats écologiques en carton recyclé, maisons autonomes en énergie, utilisation de procédés de phytoépuration et de récupération d’eau de pluie, ou encore résidences sociales construites à partir de matériaux recyclés démontables et réutilisables en sont quelques exemples.

L’ouverture des votes au public

Les porteurs de projets présélectionnés vont devoir mobiliser leur communauté et présenter leurs idées au grand public pour recueillir le plus de votes possible. Toute personne âgée de plus de 16 ans pourra, dès le 12 janvier 2021 à 10h et jusqu’au 9 février à midi, voter pour son ou ses projets préférés - avec un maximum de dix votes. Ces votes compteront pour 40 % de la note globale des projets. Le reste de l’évaluation sera donné par les jurys régionaux lors des concours régionaux entre le 9 mars et le 29 avril 2021, désignant alors trois projets gagnants par région qui recevront chacun 60 000 €. Les meilleurs projets de chaque région quant à eux pourront concourir en juin devant un jury final qui élira le projet « coup de cœur », lui remettant une enveloppe additionnelle de 100 000 €.

Madeleine Goujon

Le Gouvernement annonce sa volonté de créer un « délit d’écocide »

Ecocide - Usines

Kouji Tsuru, Unsplash

26/11/20 – Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ont annoncé le 22 novembre dans le Journal du dimanche vouloir créer un « délit d’écocide », ou plus précisément deux nouveaux délits, un « délit général de pollution » et un « délit de mise en danger de l'environnement ». Accablées de critiques, ces infractions constitueraient néanmoins une avancée pour la protection de l’environnement si elles sont assorties des moyens nécessaires.

Un délit plutôt qu’un crime

Mesure phare demandée par les membres de la Convention citoyenne pour le climat en juin dernier, le crime d’écocide ne sera pas reconnu comme tel. Sans réelle surprise, le président de la République Emmanuel Macron avait déjà rejeté la proposition, dont la rédaction ne pouvait « entrer dans le droit français dans le respect de nos principes fondamentaux », jugée « trop imprécise » et ainsi « potentiellement inconstitutionnelle » selon Barbara Pompili au Journal du dimanche. Les propositions parlementaires de 2019 visant à inscrire ce crime dans le code pénal s’étaient également soldées par un échec, mais un rapport de la mission d’évaluation des relations entre justice et environnement d’octobre 2019 suggérait la nécessité d’un « durcissement des incriminations notamment en correctionnalisant les comportements qui relèvent actuellement du domaine contraventionnel et dont les conséquences actuelles et potentielles sur l’environnement revêtent une gravité certaine. » Sans accepter la qualification de crime, Emmanuel Macron avait néanmoins reconnu le caractère « structurant » du principe et la nécessité de l’inscrire dans le droit international – l’échelle internationale étant mieux à même de traiter ces graves dommages environnementaux par nature transfrontaliers. La ministre de la Transition écologique et le ministre de la Justice ont ainsi annoncé, dimanche 22 novembre dans une interview conjointe au Journal du dimanche, leur volonté de créer deux nouveaux délits, un « délit général de pollution » et un « délit de mise en danger de l'environnement », utilisant l’appellation de « délit d’écocide ». Outre la qualification de délit plutôt que de crime entraînant des conséquences juridiques différentes (notamment en matière de peine et de juridiction), l’utilisation de ce terme « écocide » par les deux ministres a soulevé d’importantes critiques : pour la juriste internationale Valérie Cabanes, il s’agit d’une « entourloupe » : « Utiliser le terme d’écocide en le vidant de sa substance est un mauvais tour fait aux citoyens, en donnant l’illusion qu’ils ont obtenu ce qu’ils souhaitaient. » Me Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’Environnement, juge cette annonce dans le média Le Parisien comme « une farce de plus », considérant qu’il « y a un règlement communautaire de 2008 qui oblige les États membres à créer dans leur droit interne des infractions en matière d'environnement dans tous les domaines. Nous avons donc simplement douze ans de retard. »

Quand bien même des « avancées indéniables »

Les nouveaux délits visent à améliorer l’arsenal législatif déjà en vigueur pour protéger l’environnement et sauvegarder les écosystèmes. Nouveauté non négligeable, le dispositif viserait, en plus de sanctionner les atteintes graves portées à l’environnement, de les prévenir, et donc, d’agir avant la réalisation du dommage potentiellement irréversible – dont la réparation s’avère en pratique compliquée : « Je souhaite que l’on soit extrêmement dissuasif », expliquait le garde des Sceaux. Trois à dix ans d’emprisonnement et amende de 375 000 à 4,5 millions d’euros, les peines encourues pour le délit général de pollution « seront modulées, selon le ministre de la Justice, en fonction de l’intentionnalité de l’auteur ». Le délit de mise en danger de l’environnement quant à lui, pénalisant « la mise en danger délibérée de l’environnement par des violations délibérées d’une obligation », pourra se voir accompagné d’une peine d’un an de prison et de 100 000 euros d’amende. Pour France Nature Environnement, la création de ce dernier délit permettra « enfin [d’avoir] un outil dissuasif contre les délinquants environnementaux. » Selon Me Sébastien Mabile, avocat spécialiste du droit de l’environnement interrogé par le média Marianne, bien que loin de la transcription de l’écocide, il s’agit d’une « infraction qui sera à [son] sens beaucoup plus efficace que ne l'aurait été une reconnaissance du crime d'écocide dans le droit français. » Même Marie Toussaint, eurodéputée écologiste et juriste qui regrette que la proposition du Gouvernement ne soit « ni crime, ni écocide » et contienne « de nombreux verrous », admet pour autant « des avancées indéniables ».

Donner les moyens d’être efficace

Comme Me Arnaud Gossement, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement, le faisait remarquer dans une interview pour La Croix, si « ce sont de belles avancées, […] tout dépendra des moyens de contrôle qui accompagneront ces mesures. » Moyens de contrôle mais aussi moyens financiers et humains. Le garde des Sceaux a annoncé la création d’une « juridiction spécialisée de l’environnement », à savoir d’un « tribunal spécialisé en matière d’environnement » dans chaque cour d’appel, ainsi que la création de « postes d’assistants spécialisés en matière environnementale ». Pour la ministre Barbara Pompili, « il faut augmenter le nombre de poursuites en renforçant les moyens d'enquête. » Reste maintenant à savoir dans quelle mesure ces moyens seront effectivement mis à disposition de la justice environnementale.

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