Créer une haie
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© Jean-Jacques Raynal
A l'heure où l'on prône enfin dans les instances officielles le retour des "corridors biologiques", ces zones de végétation qui permettent aux espèces sauvages de circuler entre des aires protégées, la plantation d'une haie champêtre constitue un geste concret en faveur de la biodiversité de proximité. A bas les thuyas, place aux essences indigènes !
Après avoir été malmenées par le remembrement, productivité agricole oblige, les haies champêtres retrouvent peu à peu leur place, y compris dans les jardins. Si le thuya et le laurier-palme dominent encore dans les nouveaux lotissements, ces "murs végétaux" méritent bel et bien d'être détrônés par une haie aux essences variées, locales qui plus est. Plus esthétique, ce type de haie s'avère aussi plus attractif pour la faune sauvage qui y trouve nourriture et abri, plus résistant aux aléas climatiques et propice à la lutte biologique.
Place aux variétés locales
Avant de choisir vos essences, observez les haies sauvages alentour pour repérer quelles espèces poussent spontanément. Première difficulté, trouver un pépiniériste qui propose de jeunes plants forestiers. Quitte à commander ces plants peu demandés, dont le prix n'excède en principe pas un euro pour 40 à 90 cm de hauteur. Bien sûr, rien n'interdit de choisir quelques espèces horticoles. Parmi les espèces recommandées : le charme, le chêne sessile (végétaux marcescents, qui ont l'avantage de garder des feuilles jusqu'en mars), le fusain d'Europe, le cornouiller sanguin, l'églantier, le noisetier, l'érable champêtre, le prunellier, l'aubépine monogyne, la viorne lantane et la viorne aubier.
Les haies et la loi
Aucune plantation n'est autorisée dans la bande de 50 cm qui longe la limite séparatrice de deux terrains contigus. Entre cette distance et jusqu'à deux mètres, seules les plantations qui ne dépassent pas deux mètres de hauteur sont autorisées. Au-delà, aucune restriction, sauf si un arrêté municipal impose des règles particulières.
Planter à l'automne
Planter une haie à l'automne est un facteur de réussite optimal. L'hiver, les plants n'ont pas besoin d'être arrosés et ils seront moins sensibles à la sécheresse l'année suivante. Au préalable, prévoyez l'implantation des différents plants sur papier, en fonction de la haie souhaitée et des floraisons attendues.
Après la plantation, taillez les deux tiers des rameaux en biseau et paillez le sol avec des feuilles mortes ou des copeaux de bois afin d'éviter la concurrence des "mauvaises herbes". La taille d'entretien s'effectue ensuite de novembre à février, deux fois par an pour une haie basse, une fois pour une haie vive.
Catherine Levesque

- La plantation d'arbustes indigènes figure parmi les engagements de la charte des Refuges LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). www.lpo.fr
- La Maison botanique de Boursay (Loir-et-Cher) propose des stages de plessage des haies. www.maisonbotanique.com
- Planter des haies, de Dominique Soltner, Editions Sciences et techniques agricoles, 25 €.
- Jardin sauvage, éditions FCPN, 9,95 €. En vente sur le catalogue des clubs CPN (Connaître et protéger la nature). www.fcpn.org
- lire également : haies, osez l'osier !
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