Murs étanches à l’air mais pas à la vapeur d’eau - Terre vivante - l'écologie pratique

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Des murs étanches à l’air mais pas à la vapeur d’eau

La maison est notre troisième peau. Ses parois doivent nous protéger des intempéries et du froid, mais aussi permettre une “transpiration”, c’est-à-dire l’évacuation de la vapeur d’eau. Une équation complexe.

Indispensable pour des bâtiments économes en énergie, l'étanchéité à l'air est un critère largement sous-estimé en France. Mal maîtrisée, elle réduit le confort thermique et acoustique et perturbe le fonctionnement de la ventilation. Les principaux points faibles mesurés sont les menuiseries (seuils de portes, liaisons murs-fenêtres) et les passages des équipements électriques et tuyauteries. Il faut également surveiller les trappes d'accès (aux combles, aux gaines techniques) et les liaisons façades-planchers.

Des parois étanches à l'air

© D. Klecka© D. Klecka

En construction massive maçonnée, ce sont les enduits intérieurs et extérieurs qui assurent l'étanchéité à l'air. Ils doivent être réalisés avec le plus grand soin et tous les percements rendus étanches. Pour les maisons à ossature bois, généralement composées d'un "sandwich" de différents matériaux, ce rôle peut être plus ou moins bien assuré par un bardage bois, par un film pare-pluie situé dessous ou bien par les couches situées côté intérieur qui présentent souvent une meilleure continuité : il s'agit soit du pare-vapeur habituellement associé aux isolants conventionnels soit de films frein-vapeur ou de matériaux assurant une bonne étanchéité à l'air mais présentant une certaine porosité à la vapeur d'eau (Voir aussi la page Comment évacuer la vapeur d'eau ?).

Des adhésifs spéciaux sont également nécessaires pour assurer l'étanchéité des menuiseries avec le bâti, ainsi que pour les câbles électriques et tuyauteries : manchettes et boîtiers de prises électriques étanches à l'air. Les professionnels de l'éco-construction vont devoir s'approprier rapidement ces produits et le savoir-faire qui s'y attache. Car les mesures d'étanchéité à l'air des constructions sont indispensables pour obtenir de bonnes performances énergétiques. Elles se pratiquent par création d'un important différentiel de pression entre l'intérieur et l'extérieur à l'aide de ventilateurs spéciaux (test Blower door), mesure et visualisation des débits de fuite.

Évacuer l'humidité

© D. Klecka© D. Klecka
La recherche d'une meilleure étanchéité à l'air doit impérativement s'accompagner d'une bonne évacuation de la vapeur d'eau. Les quantités de vapeur d'eau produites par les habitants à l'intérieur de la maison sont considérables : pour une famille de 4 personnes, elles sont estimées à environ 10 litres de vapeur d'eau par jour : 5 litres par la respiration, 2 litres par la cuisine et 3 litres par la salle de bains, le séchage du linge et les plantes d'intérieur. La quantité de vapeur d'eau que l'air peut contenir sans qu'elle se condense varie en fonction de la température (voir encadré).

C'est cette condensation qu'il faut éviter à l'intérieur de la maison ou dans les parois : elle détériore les finitions, déforme le bois et permet l'installation de champignons ou d'insectes xylophages. Elle réduit considérablement l'efficacité thermique des isolants et favorise le développement de moisissures malsaines. Il faut donc évacuer l'humidité excédentaire, mais sans aération excessive pour ne pas perdre trop de calories pendant la saison froide.

En construction conventionnelle, c'est la VMC (ventilation mécanique contrôlée) qui s'en charge, associée à la pose d'un pare-vapeur. Mais en construction ou en rénovation écologiques d'autres solutions sont passibles pour concilier étanchéité à l'air et évacuation de la vapeur d'eau en excès(Voir la page Comment évacuer la vapeur d'eau ?).

Antoine Bosse-Platière

Quelques définitions

La molécule d'eau peut passer de l'état liquide à l'état solide (glace) ou à l'état gazeux (vapeur d'eau). Sous forme de vapeur, elle ne mesure qu'un dix millionième de mm et peut se diffuser à travers de très nombreux matériaux. L'air contient toujours de la vapeur d'eau, indispensable à la vie, mais dans des proportions très variables, qui varient en fonction de la pression atmosphérique et surtout en fonction de la température : plus l'air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d'eau. Au-delà d'un certain seuil dit "de saturation", la vapeur d'eau en surplus se condense ; ce seuil de température est appelé le point de rosée. Ce point de rosée est, par exemple, très facilement atteint en hiver contre un simple vitrage dont la température de contact est froide, d'où la condensation sur les vitres.

L'hygrométrie - quantité de vapeur d'eau présente dans l'air - se mesure couramment en pourcentage sur une échelle qui va de 0 % (absence totale fictive) à 100 % (saturation). On parle alors d'humidité relative. L'humidité relative de l'air intérieur peut varier de 35 à 70 % sans inconvénient. En dessous de 30 %, on commence à ressentir un assèchement des muqueuses. Au-dessus de 70 %, les risques de condensation à la surface des parois deviennent très importants.

- Le guide de l'habitat sain, par Suzanne et Pierre Déoux, éd. Médiéco.

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