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Le phytopte du poirier

Heureusement peu fréquent, le phytopte du poirier, minuscule acarien, est capable de provoquer d’importants ravages dans les vergers. Description et conseils pour s’en prémunir.
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Symptômes

Les galles, virant au noir sur les feuilles du poirier
Les petits points verts, puis rouges, se révèlent être des galles, habitées par des acariens microscopiques. ©J. Grosson
Les premiers signes apparaissent au moment de la floraison, avec des petits points vert clair virant rapidement au rouge sur les feuilles, de part et d’autre de la nervure principale. Ils prennent vite du relief et se révèlent être des petites galles, excroissances tumorales provoquées par des piqûres d’insectes. Les galles deviennent brunes, puis noires en séchant. En cas de forte attaque, une grande partie du feuillage peut être atteinte, ce qui menace les capacités d’assimilation de l’arbre, voire sa survie pour les jeunes sujets. Les jeunes fruits peuvent aussi être atteints et finissent alors par s’atrophier. Comme le responsable est invisible, on pourrait croire à quelque étonnante maladie. Mais ces galles sont bel et bien habitées, par des acariens microscopiques.

Carte d’identité

Invisible à l’œil nu, Eriophyes pyri fait partie de la grande famille des acariens, groupe d’arachnides de très petite taille comptant pas moins de 50 000 espèces. Parmi eux, de nombreux ennemis des cultures comme les araignées rouges et un proche cousin, Colomerus vitis, plus connu comme l’érinose de la vigne. Il est également appelé phytopte et provoque lui aussi des galles sur le feuillage, spectaculaires mais généralement sans gravité. Sur le poirier, et plus rarement sur le pommier, Eriophyes pyri est un ravageur relativement peu fréquent, mais qui peut faire de très gros dégâts.

Mode de vie

La biologie de ces minuscules insectes est assez mal connue. Les femelles adultes passent l’hiver en colonies de quelques dizaines d’individus, sous les écailles des bourgeons. Peu après le débourrement de ceux-ci, leurs piqûres provoquent la formation des premières petites galles. Pour chaque galle, le dessèchement des cellules végétales crée alors un petit orifice sur la face inférieure des feuilles qui permet à la femelle de se glisser à l’intérieur. Les détails de la vie sexuelle de la bestiole restent un mystère, mais on sait qu’elle va y pondre de 7 à 14 œufs, qui deviendront adultes en 10 à 30 jours. Encore une ou deux générations se développeront à l’intérieur de ces abris douillets, hors d’atteinte d’éventuels traitements, puis, en fin d’été, les femelles quitteront leurs abris pour gagner leurs quartiers d’hiver.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

  • Le développement des acariens est souvent favorisé par une fertilisation excessive et le manque d'humus. Attention notamment à la plantation : les jeunes poiriers sont alors particulièrement vulnérables. Apportez du compost mûr et surveillez vos arbres au printemps, surtout si le temps est chaud et sec.
  • La seule technique de lutte disponible en arboriculture bio était jusqu'à présent un traitement aux huiles minérales ou de colza (pulvérisation à 3 %) au débourrement (éclosion des bourgeons). Ce procédé permet de réduire les dégâts, mais son efficacité n'est pas suffisante.
  • Nos voisins suisses de l'Institut de recherche en agri­culture biologique (FIBL) ont testé depuis 2003 plusieurs traitements en septembre, lorsque les femelles quittent leurs abris pour l'hivernage. L'un d'eux s'est révélé particulièrement efficace et permet un assainissement des arbres fortement attaqués. Éric Wiss, entomologue chargé du dévelop­pement de nouvelles stratégies de protection des plantes au FIBL, en précise les conditions d'emploi : « Il faut intervenir après la récolte, par une belle journée de septembre, en pulvérisant du soufre mouilla­ble à 2 %, à une température d'au moins 15 °C pour que le soufre passe à l'état gazeux. C'est une forte concentration, mais il n'y a guère de risques de brûlures sur le feuillage car, à ce stade, la pousse est terminée et les tissus sont plus résistants. Les producteurs suisses l'utilisent avec succès, en bio comme en lutte intégrée ». Seul inconvénient : on intervient après les dégâts. D'où l'intérêt de maintenir le premier traitement avec les huiles au débourrement en cas d'attaque sévère.
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