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Les thrips

© Christian Galinet
legende © Christian Galinet
Les thrips constituent une grande famille, composée de près de 3 000 espèces d’insectes minuscules et assez discrets, pas très faciles à observer. Certains sont quasiment inoffensifs, d'autres causent d'importants dégâts. Surveillez de près les effets…
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Symptômes

  • La présence des thrips est surtout signalée par des marbrures argentées caractéristiques qui apparaissent sur les feuilles dont ils se nourrissent, correspondant aux cellules de l'épiderme qu'ils ont vidées de leur contenu. Des dégâts qui restent souvent mineurs, comme sur l'oignon et le poireau.
  • Mais certains thrips s'en prennent également aux fleurs et aux jeunes pousses, avec des conséquences plus graves qui vont de la déformation au dessèchement. C'est le cas sur les pois (parfois aussi sur fèves et haricots) et sur les cucurbi­tacées, notamment le concombre.
    Dégâts thrips sur pois
    Des marbrures argentées témoignent du passage des thrips, ici sur des pois. ©C. Galinet
  • Résultats comparables avec les thrips du pêcher, que l'on peut retrouver sur la plupart des autres arbres fruitiers de la famille des rosacées : les piqûres sur les fleurs provoquent leur coulure, et celles sur les jeunes fruits des déformations et des nécroses.
  • Une espèce récemment apparue, le thrips californien, peut en outre transmettre aux plantes attaquées, notamment le poivron, la tomate, les salades et certaines fleurs - le virus de la mosaïque bronzée de la tomate, qui provoque nécroses et arrêts de croissance. 

Carte d'identité

Thrips adulte
Les thrips adulte se reconnaissent à leurs deux paires d'ailes garnies de franges. ©C. Galinet
Thrips larve
Cinq générations peuvent se succéder pour le thrips de l'oignon et le thrips californien. ©C. Galinet

Les thrips sont des insectes minuscules, de 1 à 2,5 mm, au corps allongé de couleur jaune, brun ou noir. Les adultes se reconnaissent à leurs deux paires d'ailes étroites et garnies de longues franges, comme des plumes. Mais il faut vraiment avoir le nez dessus pour les distinguer. Plus petits et plus discrets que les pucerons, ils peuvent comme eux se développer très rapidement et s'attaquer à de nombreuses cultures. Ils ont besoin de chaleur et sont très présents sous serre. En plein champ, ils accomplissent l'essentiel de leur cycle en été, et on les retrouve aussi bien au potager que sur certaines fleurs, ou dans les arbres. Certains ont des préférences marquées : on distingue ainsi des thrips du tabac et de l'oignon, des thrips du pêcher, du pois, des céréales, de l'olivier... Le thrips californien, l'un des plus redoutés, est arrivé d'outre-Atlantique à la fin des années 1980. Très virulent sous serre, il s'attaque aussi à de nombreuses fleurs du jardin, ainsi qu'aux tomates, concombres, aubergines, haricots... et à de nombreux arbres fruitiers.

Mode de vie

Au jardin et au verger, les pullulations sont à craindre par temps chaud et sec. Pour le thrips du pois, cela commence, dans la deuxième quinzaine de mai, par l’apparition des premiers adultes qui sortent de terre, où ils ont hiberné. Tout peut ensuite aller très vite car les femelles commencent à pondre quelques jours après l’accouplement. Il y a entre 3 et 10 fois moins de mâles que de femelles, mais, comme chez les pucerons, celles-ci peuvent produire des œufs féconds sans accouplement (parthénogenèse). Elles s’y emploient à raison d’une quarantaine d’œufs chacune en une quinzaine de jours. Ces œufs  sont généralement insérés dans le calice des fleurs à l’aide d’une tarière. Sept à huit jours plus tard, les jeunes larves éclosent et se dirigent vers les gousses. Si les conditions sont favorables, plusieurs générations peuvent se succéder : jusqu’à cinq pour le thrips de l’oignon et le thrips californien, et davantage encore sous abri.
Au terme de leur développement, lorsque les conditions deviennent moins favorables, les larves descendent au sol où elles s’enfouissent à 20 ou 30 centimètres pour hiverner.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

  • Très présentes chez les professionnels - notamment sous serre -, les pullulations de thrips sont moins fréquentes en jardins d'amateurs, où les cultures sont plus diversifiées et où certains de leurs ennemis naturels sont présents : petites punaises anthocorides, acariens prédateurs.
  • Sous serre, les maraîchers bio utilisent avec succès des introductions de punaises Orius ou de minuscules acariens prédateurs des thrips, Amblyseius cucumeris... 

 Mais si un temps chaud et sec s'installe dès le printemps, les dégâts des thrips peuvent être importants, au verger comme au potager.

  • Pour les pois et oignons, des semis ou plantations précoces vous permettront de réduire les risques, les attaques étant assez tardives.
  • Pour les cultures sous abri, prenez soin d'aérer et d'arroser régulièrement. Les thrips n'aiment pas l'humidité : l'arrosage peut donc devenir un moyen de lutte. Il permet de réduire sensiblement les populations lorsque les adultes sortent du sol, en cas de printemps sec.
  • Au verger, vous pouvez couper les parties atteintes ou soumettre les thrips au supplice de la douche froide en dirigeant votre jet d'eau sur les foyers d'infestation.
  • Même chose avec des arrosages réguliers par aspersion sur les légumes qui ne craignent pas les maladies cryptogamiques du feuillage (oignons, poireaux, poivrons...).
  • Attirés par la couleur bleue, les thrips peuvent également se faire piéger par des plaques bleues engluées (voir Bonnes adresses). Un moyen très utilisé sous serre, mais qui marche également en extérieur, si le piège est bien accroché. Prévoyez une plaque tous les cinq mètres.
  • Reste enfin l'arme du dernier recours, la roténone, dont le spectre d'action est si large qu'elle élimine indifféremment ravageurs et auxiliaires. À réserver aux attaques graves, heureusement assez rares en extérieur.
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