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Actualités Jardin bio

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Retrouver le lien à la nature

© JJRaynal© JJRaynal
12/07/17 – La nature ne s'apprend réellement que si elle se vit. C'est en faisant ce constat que Frédéric Plénard, enseignant de sciences de la vie et de la terre en Nouvelle Aquitaine, a décidé de lancer le projet Le grand secret du lien. « Permettre à des enfants de monter dans les arbres, d'aller dans les rivières, de courir après les papillons... c'est indispensable, surtout en ces temps où ils sont rivés aux écrans, parfois 8 heures par jour ! » explique-t-il. Durant l'année 2017-2018, 50 enfants et jeunes de cinq régions différentes – Grand Est, Nouvelle Aquitaine, Centre Val-de-Loire, Normandie et Auvergne Rhones-Alpes – vont effectuer des séjours de 2 à 10 jours en immersion dans la nature, afin de vivre une vraie rencontre, sensible, avec la nature, « afin de les amener progressivement à retrouver la conscience de leur appartenance à la Terre ».

Emmenés par des guides et des passeurs de nature, les enfants seront également suivis par des scientifiques, pour voir comment cette immersion dans la nature impacte leur relation avec eux-mêmes, avec les autres et avec leur environnement. Le projet est parrainé par cinq sages – Pierre Rabhi, philosophe agroécologiste, Vincent Munier, photographe nature, Philippe Meirieu, spécialiste de l'éducation, Emmanuelle Grundmann, spécialiste des grands singes et Françoise Serre-Collet, du Museum d'histoire naturelle – qui vont demander aux jeunes de chercher “le grand secret du lien” qui a été perdu dans notre relation à la nature. Investis de cette mission, les cinq groupes devront tenter de retrouver ce secret et d'illustrer leur réponse par un petit film qu'ils réaliseront au fil de l'année.

Déjà auteur d'un documentaire, Le lien, sur un groupe d'enfants en immersion dans la nature pendant dix jours, Frédéric Plénard réalisera un film sur cette belle aventure humaine. Le projet, financé notamment par la fondation Nature & Découvertes et soutenu par de nombreuses structures d'éducation à l'environnement, a lancé une opération de financement participatif, qui vise à collecter 20 000 €. En ces temps où les enfants et les jeunes sont de plus en plus déconnectés de la nature, on ne peut qu'inciter à y participer !

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Bienvenue au jardin

22/05/2017 - Pouvoir entrer dans un jardin, admirer le travail réalisé par ses propriétaires mais aussi échanger avec eux sur les réussites comme les ratés... c'est intéressant, non?

C'est ce que propose dans les Hauts-de-France le CPIE Picardie, avec l'opération "Bienvenue dans mon jardin au naturel". En 2016, plus de 20 000 visiteurs ont été accueillis par 600 jardiniers et jardinières.

Cette année, les 10 et 11 juin, n'hésitez pas à profiter de ces précieux moments de partage. Le CPIE forme également des ambassadeurs du jardin au naturel, chargés de partager ensuite les bonnes pratiques: des formations de cinq jours sont proposées gratuitement en différents points de la région.
facebook/lesjardinssemmelent

Véronique Buthod, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

 

Aidez les papillons

azuré des  joncs ok

24/04/2017 - Insecticides, perte de biodiversité des plantes... Depuis quelques décennies, les papillons disparaissent, notamment ceux des landes, comme les azurés (en dessin, l'azuré des ajoncs), qui sont dans une situation critique en Bretagne. Comment les protéger chez soi ?

L'association Bretagne Vivante conseille de poser quelques pierres dans son jardin, au soleil et à l'abri du vent, pour qu'ils viennent s'y poser pour se réchauffer. Prévoyez aussi quelques points d'eau sous forme de flaques peu profondes. Plutôt que de tondre toute votre pelouse, aménagez une partie en prairie fleurie avec des espèces locales (trèfles, lotiers, centaurées, bugle rampant, marguerite, mauve musquée...) que vous ne tondrez pas avant le 15 juin. Et bien sûr, gardez pissenlits, pâquerettes et boutons d'or !

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

 

 

Marelle nourricière

marelle_2

© François Rouillay

08/12/2016 - Avis aux instituteurs, animateurs et autres pédagogues ! François Rouillay, dynamique instigateur de groupes d'Incroyables Comestibles dans sa région Alsace en particulier et en France en général, a mis au point un concept de “marelle nourricière” digne d'être expérimenté.

L'idée, c'est de faire une lasagne (inspirée des conseils de réalisation publiés dans les 4 Saisons) en forme de marelle. D'abord, on met de côté tous les matériaux utiles (vieux cartons, bois, tontes de gazon, etc.), ce qui peut prendre du temps car une lasagne nécessite beaucoup de matériaux. Puis on trace la marelle avec les enfants. Surtout, on n'oublie pas de prendre le temps d'y jouer d'abord !

Ensuite, on monte sa lasagne comme une lasagne ordinaire : une couche de carton, une couche de bois, une couche de tontes, une couche de feuilles mortes (pas forcément dans cet ordre), sans oublier de bien arroser entre chaque couche. Bref, on suit les indications de cet article. Ensuite, on plante et on sème avec les enfants. Et on attend de voir ce qui sort ! Apparemment, les essais tentés par François Rouillay en avril dernier ont été couronnés de succès.

À votre tour d'essayer !

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Auprès de nos arbres

L'un des arbres des matrus, réalisés par le relais petite enfance intercommunal de L'Horme, Génilac et Cellieu. © Charlotte PiérotL'un des arbres des matrus, réalisés par le relais petite enfance intercommunal de L'Horme, Génilac et Cellieu. © Charlotte Piérot

14/11/16 - Comment donner un coup de projecteur sur les arbres citadins ? Comment fédérer les gens pour leur rendre hommage ? En les habillant de dentelles, de carreaux en crochets, de rubans ou autres lainages... C'est ce que l'association Tatou Juste a réalisé à Saint-Étienne (Loire) et dans les communes environnantes en 2015 : un millier de personnes se sont constituées en 65 groupes, petits ou grands – mère et fille, entreprise de textile, relais petite enfance, maisons de retraite... –, et ont jeté leur dévolu sur un arbre de leur environnement quotidien pour le parer de mille couleurs.

Des réalisations qui ont mis de la joie et de la gaieté dans un quotidien où l'arbre est parfois assimilé à un vulgaire mobilier urbain. « Pour participer, il fallait avant tout choisir un arbre. Ce n'est pas anodin. Choisir oblige à regarder avec attention, à découvrir l'arbre que nous croisons tous les jours, que nous ne voyons pas car il se fond dans le paysage urbain. Un panneau, un arbre, un arrêt de bus, un banc… mais l'ordonnancement obéissant des arbres alignés n'en fait pas pour autant des meubles de ville, » note Laure Dieulouard, coordinatrice du projet dans l'ouvrage qui est paru pour revenir sur cette  manifestation.

Ce livre, Auprès de nos arbres, vise à faire connaître le projet afin qu'il soit dupliqué dans d'autres communes. « Nous voulions montrer la qualité extraordinaire des réalisations : les gens ont donné le meilleur d'eux-mêmes, collectivement. Et non seulement ils se sont reliés les uns aux autres, au sein des groupes qui ont réalisé les œuvres, mais ils se sont reliés à ce qui les entoure. Or que les habitants se réapproprient leur environnement est fondamental si l'on veut mieux vivre ensemble en ville, » explique Laure Dieulouard.

Pour en savoir plus, Aupresdenosarbres.org. Livre en vente sur le site : 27 € + 5,60 € de frais de port. © Charlotte Piérot

À noter que les 26 et 27 novembre, dans la halle B du Parc Expo de Saint-Étienne, sera organisé le salon Tatou juste, “le rendez-vous des solutions heureuses”, un événement à la croisée du salon des initiatives locales et du salon du bio, de l'économie sociale et solidaire, de l'artisanat... Deux-cents exposants vous donnent rendez-vous lors de cette 11e édition où vous pourrez goûter une soupe de courge butternut, acheter un pull en laine du Massif central, échanger vos euros en liens, troquer une BD contre un sachet de graines de tournesol, apprendre à faire des craies en encre végétale ou encore réimaginer un quartier de la ville par un jeu vidéo...

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Hommage à Sylvia Schmid

27/10/2016 - Créatrice du Biau Germe, Sylvia Schmid s'est éteinte le 17 octobre dans ce Sud-Ouest qu'elle s'était choisi comme région d'adoption. Venue de Suisse comme stagiaire dans une ferme bio à Montpezat (Lot-et-Garonne) en 1959, elle s'y est installée peu après sur une ferme avec des amis. Elle fut la première à avoir l'intuition que pour produire en bio, il fallait des semences bio.
Son premier catalogue avec 27 variétés de légumes est proposé en 1982 dans les Quatre Saisons et connait un succès immédiat. Deux ans plus tard, son frère et sa belle-sœur la rejoignent sur une ferme de 9 ha et la marque Biau Germe est déposée. C'est grâce à elle que Biau Germe est un groupement aussi ouvert et atypique. Appréciée de tous pour sa grande générosité et ses qualités humaines, elle avait pris sa retraite en l'an 2000 tout en continuant à faire bénéficier le groupe de ses conseils. Voici un texte que Christian Boué, cheville ouvrière du Biau Germe, a écrit pour lui rendre hommage.

HOMMAGE A SYLVIA
Dans la vie, il y a des gens ordinaires. Ceux-là s'emploient à leurs affaires, faisant leur petit trou dans la société des hommes. Un jour ils meurent ; on les pleure un peu, avant de les oublier tout à fait. Et leur souvenir est emporté, englouti dans le long fleuve du temps qui passe.
Et puis il y a les gens extraordinaires.
Ceux-là sortent du lot, ceux-là resteront dans les mémoires. On peut être extraordinaire par sa méchanceté ; qui a oublié Landru ou Dutroux ? Ou, encore, qui a oublié ces dictateurs, ces chefs fanatiques faisant les choses en plus grand : Hitler, Staline ou Pol Pot ?
On peut être extraordinaire et laisser son empreinte dans l'Histoire par sa musique, par ses tableaux ou ses œuvres architecturales. Tout le monde a entendu parler de ceux-là. Ils ont pour nom Dostoïevski, Léonard de Vinci, Van Gogh, Sinan ou Imhotep et incarnent pour l'Humanité sa perpétuelle quête de beauté.
Mais on peut être extraordinaire sans même que les voisins le sachent car, comme disait quelqu'un : « À vivre trop près d'un géant on risque de n'en voir que les pieds ! ». Lorsqu'on parle d'eux on dit souvent : « Ce sont des "originaux", des excentriques ! », des gens dont on ne comprend jamais, sur le moment, ce qui les anime, lorsqu'ils nagent à contre-courant de la société...
Et cela ne révèle que notre aveuglement.

Sylvia était extraordinaire, assurément. Je me souviens encore du jour où elle vint nous annoncer, alors que notre communauté de l'Arche se débattait dans des problèmes d'argent récurrents, qu'elle nous offrait sa part d'héritage, une coquette somme, elle qui avait déjà donné les bâtiments et les terres.
Pourtant, il y a bien des gens ordinaires qui savent se montrer généreux à l'occasion. Mais ceux-là attendent toujours quelques courbettes, quelques services ou quelque allégeance en retour, et leur don est un investissement. Je ne me souviens pas avoir entendu Sylvia réclamer de remerciement par la suite ; sitôt donné, sitôt oublié, et si la main droite de quelqu'un oubliait facilement ce qu'avait fait la gauche, ce fut sans doute la sienne.
Cela est extraordinaire.
Mais chose tout aussi surprenante, elle qui ne possédait plus que sa maison de poupée, me disait encore récemment combien elle se sentait riche avec sa petite retraite. Un jour, elle m'avoua, en ajoutant aussitôt : « Mais ça, tu le dis à personne ! », donner jusqu'au tiers de ses revenus mensuels, soit plus de trois cents euros, à quelques-uns des miséreux qui remplissent la Terre. À l'heure ou tant d'autres personnes âgées ont peur de manquer et accumulent insatiablement, elle incarnait à mes yeux parfaitement cette phrase de Lao-Tseu, le grand sage chinois, « qui se contente de peu est riche ! ».
Dans ce temps présent, où la sécurité d'une personne dépend de la grosseur de son portefeuille, où la fierté d'une nation se mesure à son taux de croissance, cela aussi est extraordinaire.
Sa générosité n'était d'ailleurs pas uniquement pécuniaire. À moi, petit Parisien, elle enseigna le jardinage jusqu'à me faire partager sa passion pour les plantes. À combien d'autres encore a-t-elle fait visiter ses cultures, s'arrêtant devant la fleur que personne n'avait remarquée, la petite Lopézia, blottie dans son coin, une pensée sauvage qui s'est invitée dans l'allée, pour en pointer la beauté ? On a coutume de dire : « Celui qui n'aime pas les bêtes n'aime pas les hommes ! » Sylvia aimait les fleurs comme elle aimait les humains, c'est-à-dire tendrement. Combien de fois des inconnus venaient la voir sans ne s'être aucunement annoncés ? Et toujours elle les accueillait avec chaleur car, comme dirait Brassens : « Dans son cœur, en se poussant un peu reste encore une petite place ».
Cette douce tendresse envers les plantes ne l'empêchait d'ailleurs nullement de regarder le monde animal avec moins d'affection. Récemment encore, elle était cernée par des hordes de chats câlins et affamés, qu'elle ne pouvait se résoudre à éliminer. Et elle les nourrissait en songeant : « Quand même, ils sont trop nombreux ! »
Il faut bien l'avouer, Sylvia était un peu tête en l'air, comme on dit par euphémisme, et cela lui joua plus d'un tour. Je me souviens de l'avoir vue jeter au compost un lot de semences tout neuf, le confondant avec un autre périmé, mais, lorsqu'elle constatait sa bévue, Sylvia se lamentait sur elle-même avec une telle sincérité qu'elle désarmait sur le champ la moindre volonté de colère, le moindre zélateur ; quand tant de gens, et tant de nations cherchent désespérément à justifier ou nier leurs propres fautes, leurs privilèges, parfois avec véhémence, cela aussi est extraordinaire ! La repentance n'est-elle pas le premier pas indispensable pour accéder au pardon?
Les gens extraordinaires ont forcément des idées extraordinaires ; dans l'esprit de Sylvia germa celle du Biau Germe. Pour une agricultrice bio, quoi de plus logique que d'utiliser des semences bio ? Pourtant personne n'y avait vraiment songé dans notre pays avant qu'elle ne démarre. Aujourd'hui que tout le monde ne parle que d'agriculture bio, la chose paraît évidente, elle l'était moins en 1981.
Et voici encore un effet de sa générosité d'avoir partagé son intuition de départ avec ceux qui se présentaient, sans tirer la couverture à elle, sans prétendre diriger. D'autres auraient recréé une petite entreprise, dans laquelle les nouveaux venus ne seraient que des salariés, ou bien, des plus avisés auraient monnayé le "concept" ; René, Annie et Sylvia se sont contenté de partager à égalité avec ceux qui entraient dans le groupe. Aujourd'hui onze familles en vivent, et combien de bonnes graines semées ?
Qu'ils en aient conscience ou non, bon nombre de Montpezaquais, bon nombre de jardiniers français lui doivent quelque chose, que ce soit un sourire, un bouquet de fleurs, une variété de tomate oubliée ou les moyens financiers de vivre d'agriculture.
Sylvia ne s'est pas mariée, ne fut pas mère, « dans ses roses et ses choux n'a pas trouvé d'enfants », mais il n'échappera à personne que ses enfants sont nombreux parmi nous. Brassens, toujours, comme pour la Jeanne de sa chanson, aurait dit d'elle : « Être mère de trois poulpiquets à quoi bon, quand on est mère universelle, quand tous les enfants de la mer, de la terre et du ciel sont à elle. »

 

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