Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Actualités de l'écologie pratique

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Alimentation et bien être

À Paris, les paniers arrivent à bon port

04/05/15 - Développement d'échanges économiques équitables autour d'une agriculture maraîchère respectueuse de l'environnement, amélioration de l'empreinte écologique et sensibilisation à une consommation alimentaire durable : depuis 2011, l'association parisienne "Marché sur l'eau" réussit ce triple pari !

Elle offre aux citadins la possibilité d'acheter des fruits et des légumes produits en Île-de-France. Pour mieux consommer local, et soucieuse de réduire le transport, elle a choisi des exploitations situées à proximité des canaux : fruits et légumes arrivent donc par bateau jusqu'à Paris et sont vendus à quai* !

Une formule d'abonnement permet de réserver chaque semaine un panier de produits frais – mais on peut en ajouter quelques jours avant de venir retirer son panier directement, via un espace personnel sur la boutique en ligne (boutique.marchesurleau.com), ce qui rend le système plus flexible que celui d'une Amap. S'abonner aux paniers de "Marché sur l'eau" permet aux producteurs d'avoir une demande régulière et donc d'anticiper : l'association n'a ainsi pas (ou peu) d'invendus, ce qui évite le stockage.

Cette formule permet aussi aux consommateurs de découvrir de nouveaux produits, de consommer uniquement des denrées de saison et de créer des liens avec les membres de l'association en venant régulièrement chercher leur panier – voire de participer comme bénévole les jours de marché, un engagement qui assure la pérennité de cette initiative.

Seul petit bémol, sur la dizaine d'agriculteurs partenaires, deux seulement détiennent le label AB. Dans une région d'Île-de-France où 70 % des terres agricoles accueillent des exploitations céréalières, il est difficile de trouver des maraîchers, bio de surcroît, sur les 4 % occupés par les producteurs de fruits et légumes.

Omar Mahdi, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

*Toute l'année, le mardi et le samedi, place de la Rotonde à Stalingrad, sur les quais à Pantin et à côté de la gare à Sevran.

Jardin Bio

Un coup de main pour les vergers

© HPF

30/04/15 - Depuis 2009, le réseau des Horticulteurs et Pépiniéristes de France (HPF) offre chaque année à une quinzaine d'associations ou communes l'opportunité de réaliser un jardin pédagogique et associatif. Il a ainsi contribué à la plantation de fruitiers au collège d'Arausio d'Orange (84), ou à l'école de Pugny-Chatenod (73), ou travaillé avec l'association Saint-Quentin en transition, afin de superviser la plantation d'arbres fruitiers dans cette commune des Yvelines impliquée dans une démarche globale de revégétalisation urbaine.

Le réseau HPF offre un choix de variétés de fruitiers locaux, parfois anciens et oubliés, qui ont l'avantage de respecter les écosystèmes régionaux, de favoriser la biodiversité et d'être mieux adaptés aux conditions locales. Les pépiniéristes s'engagent aussi, afin que le projet s'inscrive dans la durée, à ce que la plantation soit accompagnée d'ateliers de démonstration sur les techniques de plantation et d'entretien du jardin.

Cette année, le réseau HPF travaille également sur une variante aux vergers : le potager vertical. En effet, en milieu urbain, les cours d'école sont souvent bétonnées. Il est difficile d'y planter des arbres fruitiers. Par contre, toutes les écoles possèdent des murs ! HPF propose ainsi quelques concepts de potagers verticaux réalisés à partir d'objets de récupération, qu'ils ont testés. Potager sur palette, sur gouttières, en bouteille… des fiches techniques détaillant le matériel nécessaire et les étapes de construction des supports verticaux seront fournies aux établissement sélectionnés.

Les dossiers, disponibles sur le site du réseau HPF, doivent être envoyés par mail (info@hpfconseil.com) avant le 1er juin 2015. La sélection s'appuie principalement sur des critères pédagogiques, écologiques et paysagers visant à valoriser le partage et l'éducation aux enjeux environnementaux.

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Habitat écologique

Très chers compteurs Linky

29/04/2015 - Le déploiement à grande échelle par ERDF des nouveaux compteurs électriques « intelligents » Linky, avec leur couleur vert fluo et leur petit écran digital, devrait commencer en décembre 2015 pour aboutir à un taux d'équipement de 90 % à l'horizon 2021. Le coût total de l'opération est évalué entre 5 et 9 milliards d'euros selon les sources. Une facture salée qui sera payée indirectement par l'ensemble des consommateurs, car intégré dans le tarif d'utilisation du réseau public de l'électricité (TURPE), que l'on retrouve sur la facture sous le nom de “tarif d'acheminement”.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Rien n'est moins sûr. Contrairement à ce qui est affirmé, Linky ne permettra pas aux consommateurs de connaître leur consommation en temps réel et de mieux la maîtriser. Dans la plupart des cas, le compteur est situé en dehors de la maison et il n'est pas prévu d'écran déporté si ce n'est dans des options payantes. Dans les expérimentations qui ont été menées, Linky n'a eu que très peu d'effets sur la consommation des ménages.

En fait c'est surtout ERDF qui en attend des économies : fini le relevé des compteurs, moins de réclamations sur les factures, coupures de courant sans déplacer un agent... Même en prenant en compte ces économies, l'Allemagne a renoncé à s'équiper après avoir commandé un audit. L'autre intérêt de Linky, c'est de permettre de piloter de futurs appareils électriques intelligents gros consommateurs en fonction de signaux tarifaires envoyés par le fournisseur d'électricité, ce qui lui permettra par exemple de décaler automatiquement la mise en route du chauffe-eau à un moment où la demande est moins forte, avec un tarif plus bas. Mais cela intéresse surtout les 5 millions de foyers équipés de chauffage électrique qui consomment cinq fois plus que les autres. C'est ce public qu'il faudrait cibler avant de vouloir généraliser ce trop cher compteur.

Antoine Bosse-Platière, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Jardin Bio

Grainothèque on tour

27/03/15 - Troquer des graines, favoriser l'autonomie au jardin, conserver des variétés, parler jardinage naturel… tels sont les objectifs principaux de l'association Sur un Air de Terre, qui organise ce printemps une “Grainothèque on tour” dans le sud Finistère. La “grainothèque” mobile est accueillie tout au long de sa tournée par différentes structures (associations, bibliothèques, écoles...), qui organisent un temps fort tel que troc de plantes, moment conté, exposition... Terre vivante a apporté son soutien au projet en offrant l'ouvrage Le guide Terre vivante du potager bio, proposé à la consultation.

Pour sa première étape au Guilvinec le dimanche 8 mars, ce sont les Jardins Birinik qui ont accueilli la “Grainothèque on tour”. Une cinquantaine de personnes s'était déplacée pour troquer, donner et repartir avec quelques graines. Beaucoup sont repartis très motivés pour nourrir la grainothèque à l'automne prochain, lorsqu'ils auront récolté leurs propres semences.

La prochaine étape sera le vendredi 3 avril à la boutique l'Effet Papillon à Quimper, avec un vernissage d'exposition autour du concours-photo “Nos potagers font de la résistance”.

Autres dates prévues :

  • 10/05/15 : Guiler-sur-Goyen, troc de plantes (association Trouz An Noz)
  • 25/05/15 : Plomelin, fête des plantes au lycée Kerbernez
  • 30-31/05/15 : Plonéour-Lanvern, troc de plants (association Les jardins d'Eyota)
  • 25/06/15 - Plonéour-Lanvern, premier anniversaire de La Ruche Qui dit Oui
  • 03/10/15 - Pont-L'Abbé, récolte de graines avec l'association des Jardins Partagés de Pont l'Abbé

Pour en savoir plus, voir le site de Sur un air de Terre.

Marie Arnould, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Habitat écologique

Une yourte super isolée

27/03/2015 - Une yourte pourvue d'une salle d'eau et d'une cuisine nécessite un permis de construire et doit désormais respecter la RT 2012 (réglementation thermique en vigueur sur les nouveaux bâtiments). Fabricant de yourtes pour l'habitat permanent dans l'Aveyron, La Maison Voyageuse a mis au point une yourte super isolée (laine de mouton et ouate de cellulose pour le plancher) avec une très bonne étanchéité à l'air et de grandes baies vitrées performantes pour respecter la RT 2012. Des yourtes de grande qualité, perspirantes, avec dôme ouvrant en altuglass, à partir de 23 000 € pour 30 m², avec accompagnement au montage.

La Maison Voyageuse, Sourbins 12270 Najac - http://yourtes.net

Antoine Bosse-Platière, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Alimentation et bien être

Bronca dans l'agriculture bio

20/03/2015 - C'est l'ensemble du secteur bio qui vient de se rebeller ces dernières semaines, après que le 7 mars, un arrêté ministériel eut prévu la réduction de 25 % des aides au maintien de l'agriculture bio. Ces aides, versées aux agriculteurs bio, permettent de pallier les écarts économiques liés à des accidents météo ou climatiques. Elles succèdent aux aides à la conversion, qui permettent aux paysans conventionnels de passer au bio en étant aidés pendant cinq ans.
Après des manifestations dans l'ensemble de la France le 17 mars, le ministre de l'Agriculture, Stéphane le Foll, a finalement annoncé que tous les agriculteurs concernés auraient bien 100 % de leurs aides pour 2014. L'enveloppe européenne de 103 millions d'euros de la politique agricole commune (PAC) sera donc complétée à hauteur de 14 millions par le gouvernement et les agriculteurs toucheront la totalité des aides promises, mais dans le courant de l'été, soit six mois après la date initialement prévue.

Quid de 2015 ?
Le problème est pour l'avenir : avec 300 000 hectares de plus prévus cette année, 150 millions d'euros au minimum seront nécessaires pour maintenir les aides. Des aides qui, dès 2015, devraient être gérées au niveau régional. Or certaines régions ne souhaitent plus forcément les maintenir sur tout ou partie de leur territoire. Selon la Fédération régionale des agriculteurs biologiques (Frab) de Midi-Pyrénées, ces aides doivent en outre rétribuer l'apport de l'agriculture bio à « l'intérêt général, de la protection de l'environnement à la création d'emplois. »
Cette situation d'incertitude n'est pas cohérente avec les objectifs affichés de développement de l'agriculture biologique : le gouvernement prévoit en effet un doublement des surfaces bio d'ici fin 2017. Et les financements annoncés (160 millions en moyenne entre 2015 et 2020) ne suffiront pas à maintenir les aides sur des surfaces en augmentation constante.
Une situation paradoxale donc, au moment où une étude menée par l'Agence Bio et le CSA monte que 62 % des Français auraient régulièrement consommé des produits bio en 2014 (contre 49 % en 2013). Faute d'une production française suffisante, la demande devra-t-elle se tourner vers l'importation ?

Omar Mahdi, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

 

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