Distributeur Fournisseur
Lann Vras Zone de Luscanen
7 avenue de Cadoudal
56880 PLOEREN
www.biocoop.fr


Quand les formes ne s’imbriquent pas bien, ou pour « dresser » une face (la rectifier afin qu’elle soit droite), vous pouvez retailler la pierre à l’aide d’une chasse à pierre (sorte de burin) et d’une massette, ou même les casser en deux avec un marteau pointu (le têtu).
Triez dans votre stock les plus grosses pierres, de forme assez plate, qui, posées en premier, formeront l’assise. Vérifiez à l’aide d’un niveau qu’elles sont bien horizontales. Étalez autour de vous le reste des pierres afin de pouvoir les choisir facilement et commencez à bâtir. En fait, un muret se monte comme on construit un puzzle, en mariant les pierres entre elles au niveau de la forme et de l’épaisseur, et en les disposant en quinconce au fil des rangées.
Dans les régions gélives, il n’y a pas de précautions particulières à prendre, car même s’il bouge en période de gel, le muret à sec reprend sa place ensuite sans risque de casse puisqu’il n’y a pas de joint.

Dans les terrains argileux, mal drainés ou rendus instables par des travaux, il faut faire une fondation de 20 à 30 centimètres de profondeur : creusez une tranchée de la largeur du muret (environ 40 centimètres) sur toute la longueur prévue et remplissez-la de pierraille ou de cailloux. Tassez fortement et égalisez avec une dame en fonte (sorte de pilon) ou un rouleau bien lourd (rempli de sable par exemple).

Pour stabiliser des pierres récalcitrantes, on peut glisser en dessous de petites pierres minces et dures (les soustilles), récupérées lors de la mise en forme des pierres. Pour la solidité, il est important de bien croiser pour ne pas se retrouver avec des joints alignés verticalement, qui deviendraient fissures au fil des ans. Sinon, il n’y a pas vraiment de secret, chaque bâtisseur a son style !

Pour assurer la stabilité du muret, il faut lui donner une inclinaison vers l’arrière : c’est ce qu’on appelle le fruit. Cinq centimètres par mètre de hauteur sont une moyenne et permettent de résister aux poussées de la terre. Il faut également de temps en temps (tout les 1,50 à 2 mètres), glisser une pierre assez longue (une boutisse) qui traverse l’ensemble de l’ouvrage et le renforce. Comblez l’arrière avec un matériau très drainant, par exemple les débris de pierres, trop petits pour être utilisés en construction. En vous rapprochant du talus, ces débris peuvent être de nature plus terreuse, ou mélangés avec la terre extraite de la fondation.
Traditionnellement, on met un peu de terre derrière le mur et au-dessus entre les pierres et on plante des iris, des sedums… qui constitueront ainsi une surface absorbante. On peut aussi faire des plantations plus conséquentes en plaçant un film géotextile au-dessus du drain et en remplissant de 20 centimètres de bonne terre (ainsi séparée, elle n’ira pas boucher le drain). Vous y ferez des plantations de couvre-sol de terres drainées (aromatiques, érigérons, népétas, achillées…).
Serge Lapouge
Enfin réaliser, végétaliser et restaurer facilement son muret de pierres pas à pas ...
96 pages; (21 x 21 cm); 12,00 €