Abondante et renouvelable, bon marché, stockant du CO2, isolante et perspirante, la paille peut s’utiliser pour des cloisons intérieures, grâce à des panneaux prêts à poser. Evitez les pièces humides même s’il est possible de prévoir un revêtement hydrofuge sur la face exposée. Les panneaux standard sont disponibles en 1,20 x 2,50 m (d’autres longueurs sur commande) pour une épaisseur de 58 mm. Prévoyez de les manipuler à deux : chaque panneau pèse tout de même 67 kg !
Mais s’ils contiennent de la paille, ces panneaux ne sont pas assez épais pour être très isolants. Leur conductivité thermique (lambda) est de 0,113 W/mK, à peine au-dessus de celle du bois mais bien meilleure que celle du Fermacell seul (0,32). Quant aux performances phoniques, l’indice d’affaiblissement acoustique annoncé (entre 27 et 30 dB) n’est pas très bon (32 dB pour une plaque de Fermacell, 37 dB pour deux plaques de placo sur ossature métallique sans isolant) mais il est valable pour une large gamme de fréquences et l’absorption reste à tester. Pour une cloison phonique, doublez les panneaux (affaiblissement de 49 dB) ou associez-les à d’autres matériaux.
Les panneaux se découpent à la scie à bois ou circulaire (24 dents ou moins) mais avec lunettes de protection, masque anti-poussière et gants : la paille sèche projetée est coupante et pointue.
La mise en œuvre commence par la pose d’une semelle bois (clouée ou vissée selon le support) de même largeur que la plaque (58 mm) et de 34 à 50 mm d’épaisseur. Même chose au plafond dans le cas d’un plafond déjà existant, avec une lambourde un peu moins épaisse.
Marquez la position du premier panneau contre le mur. Des agrafes de fixation spéciales sont prévues. Les pattes orientables sur les côtés permettent différents types de fixations (à gauche).
Vissez au mur quatre agrafes réparties de manière régulière sur toute la hauteur (à droite). Appliquez un enduit-colle ou de la colle Fermacell sur la tranche verticale du premier panneau et mettez-le en place. Enlevez les bavures. Fixez les pattes des agrafes aux panneaux avec des vis à bois de 4,5 x 50 mm.
Fixez le panneau sur la semelle et sur la lambourde au plafond avec des vis à bois en biais.
Fixez quatre agrafes réparties sur la tranche verticale du premier panneau (à gauche). Appliquez l’enduit colle sur la tranche du second panneau et mettez en place.
Repliez les pattes des agrafes en alternant sur chaque panneau et vissez (à droite). N’installez pas plus de quatre plaques sans prévoir une lisse verticale pour renforcer la paroi.
Pour les joints entre les panneaux, collez des bandes ce calicot de 70 mm de large sur les joints puis utilisez un enduit plâtre (les bords des panneaux sont amincis). Enduisez les deux faces le même jour pour éviter d’éventuelles déformations.
Les panneaux de paille ont été développés en Angleterre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où ils équipèrent environ 350 000 logements. Les bottes de paille sont introduites dans une machine qui les coupe, les nettoie puis les compresse entre deux plaques chauffantes (à 240 °C). La nappe de paille est recouverte sur ses deux faces par une feuille de carton fort recyclé. Pas de liant chimique : la résine est naturellement présente dans la lignine et la cellulose de la paille assure la rigidité des panneaux. Une fois la nappe coupée à la longueur voulue, une bande de carton est thermo-collée sur la tranche.
L’écobilan de ces panneaux devrait être excellent : paille et carton sont issus de végétaux renouvelables et leur fabrication est moins énergivore que celle des plaques de plâtre. Mais ils sont pour le moment importés de République tchèque : 1 500 km de transport plombent sérieusement leur écobilan. Un projet d’usine de fabrication près de Châteauroux, avec des pailles locales, est en cours de montage avec différents partenaires.
David Hallifax, qui porte ce projet depuis trois ans est confiant : « Le plus difficile est de convaincre les banques de l’intérêt du projet pour boucler un financement de l’ordre de quatre millions d’euros. J’espère un déblocage rapide et une production en un an. A terme, il nous faudrait trois ou quatre unités de fabrication proches de la production de paille. »

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96 pages; (21 x 21 cm); 12,00 €