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Les pucerons des racines

©A. Bosse-Platière
legende ©A. Bosse-Platière
Ils sont partout ! Les pullulations de pucerons sont redoutées de tous les jardiniers. Certaines espèces, plus discrètes, se développent aussi sur les racines.
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Symptômes

Vos feuilles de laitues et de chicorées jaunissent ? Elles ont des difficultés à pommer et ont tendance à dépérir ? Vos artichauts semblent en panne de croissance, avec des capitules qui ne veulent pas grossir ? Ou bien ce sont les carottes, les haricots ou les choux qui végètent... Pour en avoir le cœur net, dégagez le collet de ces légumes jusqu'aux premières racines et observez-le de près. Si vous apercevez des amas poudreux blanchâtres sur les racines, c'est bien aux pucerons des racines que vous avez affaire.
Le plus tristement célèbre des pucerons de ce type a bien failli faire disparaître la vigne de notre continent à la fin du XIXe siècle : le terrible phylloxera est en effet un puceron inféodé aux racines de la vigne. C'est le greffage de nos cépages sur des plants américains résistants au ravageur qui a sauvé nos vignobles.

Carte d’identité

Racines attaquées par des pucerons
Les dépôts blancs sur les racines signalent la présence des pucerons. ©A. Bosse-Platière

Avec plus de 4 000 espèces recensées, dont 250 sont des ravageurs, les pucerons comptent parmi les pires ennemis des jardiniers. La plupart de ces insectes piqueurs suceurs, qui se nourrissent de la sève des plantes, s'installent sur leurs parties aériennes.
Les pucerons inféodés aux racines des légumes, eux, sont répertoriés sous les dénominations suivantes : puceron lanigère des racines de laitue, appelé aussi puceron gallicole des pétioles de peuplier (Pemphigus bursarius) et puceron des racines de l'artichaut ou gros puceron des racines de chicorée (Protrama radicis). Le premier sécrète une substance cireuse blanchâtre caractéristique qui recouvre les racines. Sa couleur varie du gris verdâtre au blanc jaunâtre, en passant même par le brun orange selon le stade de développement. Le second a le corps recouvert d'une sorte de pulvérulence blanche. Les deux atteignent au maximum 3 mm de long, vous n'y verrez donc généralement que du... blanc, couleur de leurs sécrétions.

Mode de vie

Le cycle de vie des pucerons est très compliqué, avec des phases migratoires sur différentes plantes.

Pour faire simple : le puceron lanigère des racines de laitue hiverne sous forme d'œuf dans les anfractuosités des écorces de peuplier, son hôte primaire (donc, attention si des peupliers bordent votre potager). Au printemps émergent des femelles dites fondatrices. Chacune d'elle, en piquant le pétiole d'une feuille de peuplier, provoque la formation d'une galle à l'intérieur de laquelle elle va donner naissance en quelques semaines à 100 à 250 femelles ailées.

Celles-ci quittent alors la gale et migrent vers nos potagers, avec une prédilection pour les Astéracées (ou Compo­sées, qui comptent notamment l'artichaut, les laitues et les chicorées). À peine posées sur le feuillage, elles se multiplient à nouveau pour donner des formes sans ailes qui vont coloniser les racines pendant tout l'été. À l'automne apparaîtront des formes ailées qui retourneront pondre sur le peuplier.

Quant à Protrama radicis, ses colonies ne quittent pas les racines, mais elles ont développé une étonnante complicité avec les fourmis des jardins (du genre Lasius) qui les élèvent et les défendent afin de prélever leur miellat. Grâce son rostre muni de deux fins stylets rétractables, le puceron transperce les cellules végétales jusqu'à trouver un vaisseau transportant la sève élaborée. La sève est très diluée, riche en sucres, mais pauvre en acides aminés. Le puceron ne retient que ce qui l'intéresse et rejette ensuite d'importantes quantités de miellat que prélèvent les fourmis.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

  • La plupart des prédateurs des pucerons sont actifs sur les parties aériennes des plantes et on ne peut guère compter sur leur aide contre les pucerons des racines, hormis peut-être les carabes. Il faut donc privilégier la lutte préventive, qui consiste d’abord à éviter une fertilisation trop riche en azote. Apportez plutôt du compost mûr et/ou du purin d’ortie.
  • Des arrosages réguliers par temps sec et le binage perturbent les colonies.
  • Autre précaution importante : respectez les rotations, afin de ne pas faire revenir les cultures sensibles au même endroit avant deux ou trois ans.

En cas d’attaque, arrosez – à plusieurs reprises si nécessaire et éventuellement en dégageant le collet – avec une des préparations suivantes :

  • anti-puceron du commerce aux extraits de pyrèthre, aux doses indiquées
  • purin de fougère (850 g dans 10 litres d’eau, macération une semaine, dilué à 10 %)
  • décoction de tanaisie (400 g dans 10 litres d’eau, macération 24 heures, faites bouillir 15 mn, utilisez non diluée).

Arrosage salades au purin de fougère.
©D. Klecka
Le binage perturbe les colonies de pucerons.













   
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