Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Les tétranyques, acariens jaunes

© Vincent Jeannerot
legende © Vincent Jeannerot
Les tétranyques tisserands peuvent pulluler sur de très nombreux végétaux mais d’autres acariens régulent leur population. A condition d’éviter l’usage d’insecticides.

Presque invisibles à l'œil nu, les tétranyques tisserands (Tetranychus urticae) sont de minuscules arachnides (0,3 à 0,5 mm) au corps ovoïde de couleur jaune plus ou moins orangé avec, de chaque côté, une tache noire caractéristique et quatre paires de pattes poilues. Ils tissent des toiles soyeuses sur la face inférieure des feuilles : elles les protègent du vent, des prédateurs et des éventuels traitements. Leur présence se signale surtout, en cas de pullulation, par leurs dégâts sur le feuillage qui devient moucheté puis se dessèche, entravant le développement de la plante. Les végétaux susceptibles d'être atteints sont très nombreux (près de 200) : vigne et arbres fruitiers, mais aussi haricot, concombre, trèfle, tournesol et de nombreuses plantes sauvages ou ornementales.
Le développement des tétranyques est favorisé par la chaleur (optimum entre 23 et 30 °C) et par une humidité relative inférieure à 50 %. Ils sont prolifiques : six à sept générations en été ! Leur dissémination se fait par passage d'une plante à l'autre - si elles se touchent -, par le sol, sur de faibles distances, ou grâce au vent - l'insecte dérivant sur son fil de soie. Les formes hivernantes, de couleur orangée et sans taches, apparaissent à l'automne et vont se réfugier dans divers abris naturels, les serres ou les constructions.

Des acariens de toutes les couleurs

La grande famille des acariens compte près de 30 000 espèces, toutes minuscules (moins de 1 mm). Outre le tétranyque tisserand, l'autre principale espèce phytophage rencontrée dans les jardins est l'acarien rouge des pommes (Panonychus ulmi) que l'on peut trouver sur presque tous les arbres du verger et la vigne. Cet acarien de couleur rouge ou rouge-brun compte 5 à 8 générations entre avril et la fin de l'été. Les feuilles jaunissent, brunissent puis prennent un aspect plombé. La photosynthèse est réduite et les récoltes sont amoindries, en quantité comme en qualité. La vigne est également attaquée par le tétranyque de la vigne et du charme, de couleur jaune (taches rouges sur les feuilles), et par l'acarien de l'érinose de la vigne (boursouflures spectaculaires mais sans gravité sur les feuilles). Citons également l'acarien des agrumes, de couleur lie de vin, responsable de décolorations de feuilles, ainsi que la famille des phytoptes, minuscules acariens qui provoquent la formation de galles et peuvent affecter la croissance de jeunes arbres fruitiers (lire l'article sur le phytopte du poirier).

Faux frères !

© Vincent Jeannerot

Il existe, au sein de l'ordre des acariens, une intéressante famille, les phytoséiides : ces utiles prédateurs se nourrissent à la fois d'acariens mais aussi de pollen, de nectar et parfois de thrips, de pucerons, de cochenilles ou de leurs exsudats. Leur cycle biologique est très proche de celui des acariens ravageurs, ce qui leur permet de réguler efficacement leurs populations.
A condition que le jardin leur fournisse le gîte et le couvert (plantes sauvages aux floraisons abondantes et échelonnées) et qu'aucun insecticide (chimique ou d'origine végétale à large spectre, comme le pyrèthre) n'y soit utilisé car les phytoséiides en seraient les premières victimes. Ces prédateurs ont pour noms Typhlodromus, Amblyseius, Phytoseiulus... et certains sont même élevés et commercialisés pour les professionnels par des sociétés spécialisées en lutte biologique (Biobest, Koppert...). Leur régime alimentaire diversifié leur permet de se maintenir même lorsque le niveau des proies est faible.

Antoine Bosse-Platière
Rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Moyens de lutte

Les acariens ravageurs constituent rarement un problème grave en agriculture bio et l'on remarque souvent une baisse progressive de leurs dégâts au moment de la conversion en bio, clairement liée à l'abandon des insecticides.
Si vous constatez malgré tout des pullulations, évitez l'usage de fertilisants trop riches en azote et traitez avec des huiles blanches (paraffine ou colza) à 1 % contre les espèces estivales ou en automne avant la chute des feuilles (traitement spécifique qui épargne les phytoséiides). A renouveler si nécessaire au printemps avant le débourrement. Et n'oubliez pas d'enrichir la biodiversité de votre jardin en fleurs sauvages...

Les 4 Saisons du jardin bio, édité par Terre vivante, est le magazine leader en jardinage bio depuis plus de trente ans (30 000 abonnés et 15 000 ventes au numéro). Il s'appuie sur l'expertise de journalistes et de praticiens du jardinage, de l'alimentation et de l'habitat écologique, et sur des échanges constants avec ses lecteurs. Ceux-ci participent notamment à des essais et expérimentations, menés en parallèle au Centre Terre vivante.

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