Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Fenêtres et vitrages

© Antoine Bosse-Platière
legende © Antoine Bosse-Platière
Si les vitrages ont longtemps été le maillon faible dans l’isolation de l’habitat, leurs performances approchent actuellement celles des murs, sans réduire leur capacité à laisser entrer la lumière et la chaleur solaires.
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Les fenêtres sont responsables de 10 % des déperditions thermiques d'une maison. Le verre est un très bon conducteur de chaleur et le simple vitrage est une vraie passoire à calories. Depuis la première réglementation thermique de 1974, le double vitrage s'est imposé, jusqu'à totalement remplacer le simple vitrage en construction neuve. Résultat : une réduction de 40 % des déperditions thermiques et une forte réduction de la sensation de paroi froide. Depuis, les performances des doubles vitrages ne cessent de s'améliorer. La lame d'air entre les vitres est passée de 6 à 16, 18 ou 20 millimètres.

Isolation renforcée

En 1990, sont apparus les vitrages à isolation renforcée (VIR). Ces vitrages à basse émissivité s'attaquent à une autre cause de déperdition thermique : le rayonnement. Une fine couche transparente d'oxydes métalliques, sur une face intérieure du double vitrage, empêche les infrarouges de sortir de l'habitation. Le VIR permet donc de limiter les déperditions : 20 à 30 % de moins qu'un double vitrage ordinaire, et jusqu'à 80 % de moins qu'un simple vitrage. La facture de chauffage est réduite de 10 % et le surcoût (environ 5 %) est amorti en deux ans.

Depuis plusieurs années, on remplace l'air entre les deux vitres par des gaz rares plus isolants (l'argon ou le krypton). Ils permettent d'augmenter encore les performances ou de réduire l'espacement des verres. Les meilleurs VIR permettent d'obtenir un coefficient de transmission thermique U d'1 W/m².C contre 3,4 pour un double vitrage standard et 5,7 pour un simple vitrage.

Triple vitrage

Pour réduire le coût du triple vitrage on peut n'avoir qu'un seul ventail ouvrant - © Antoine Bosse-PlatièrePour réduire le coût du triple vitrage on peut n'avoir qu'un seul ventail ouvrant - © Antoine Bosse-Platière

Nos voisins nord-européens utilisent maintenant le triple vitrage à haute performance (deux couches à basse émissivité et gaz rare), notamment dans les maisons super isolées dites passives, n'ayant plus besoin de chauffage actif : Passivhaus en Allemagne et en Autriche, Minergie P en Suisse (Voir la page Maisons passives). Ce triple vitrage approche la qualité thermique d'un mur isolé (U = 0,5 W/m².C).

Indispensable pour atteindre les performances de l'habitat passif, le triple vitrage VIR nécessite des menuiseries bois plus épaisses (le triple vitrage est 30 % plus lourd que le double vitrage) et plus performantes. Il est aussi environ 50 % plus cher. Il ne se justifie pas en climat méridional, ni sur des maisons aux performances thermiques moyennes.

Les huisseries

Fenêtre triple vitrage avec huisserie bois dont la base externe est recouverte d'aluminium - © Antoine Bosse-PlatièreFenêtre triple vitrage avec huisserie bois dont la base externe est recouverte d'aluminium - © Antoine Bosse-Platière

Avec des vitrages qui atteignent l'excellence, le cadre peut diminuer de 30 % la performance du couple vitrage/châssis s'il est peu isolant et responsable d'infiltrations d'air (importance des joints d'étanchéité). Les matériaux principalement employés sont le PVC (54 % du marché de la fenêtre neuve), le bois (24 %) et l'aluminium (20 %). Aluminium et PVC nécessitent beaucoup d'énergie grise pour leur fabrication. Le PVC est vraiment à éviter : non recyclable (seulement valorisable), il dégage des COV (composés organiques volatils) durant toute sa vie et des gaz toxiques en cas d'incendie. Préférez le bois : il est renouvelable et l'emploi d'essences locales résistantes (chêne, châtaigner, Douglas, mélèze) préserve la ressource et l'environnement. Bien que cher, le complexe bois-aluminium semble un bon compromis thermique/énergie grise/pérennité/entretien : la protection extérieure en aluminium utilise peu de métal et autorise des essences de bois moins résistantes. Autre solution intéressante : une couche de bois rétifié à l'extérieur (voir la page Comment protéger les bois d'extérieur).

Enfin, n'oubliez pas les volets, stores et rideaux qui apportent un appréciable complément d'isolation thermique la nuit et permettent de limiter les surchauffes d'été.

Jean-Paul Blugeon

Voir l'article "Le bois dont on fait les fenêtres", n° 214 (septembre-octobre 2015) des 4 Saisons du jardin bio et des bonnes adresses dans l'espace abonnés Web.

Voir l'article en archive "Fenêtres, la fin des vitrages passoires", n° 152 (mai-juin 2005) des 4 Saisons du jardin bio.

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