Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Construire en briques monomur

© Antoine Bosse-Platière
legende © Antoine Bosse-Platière
Le monomur, ce sont des briques de terre cuite très épaisses mais parcourues de nombreuses alvéoles qui emprisonnent de l’air et assurent une isolation répartie sur l’ensemble du mur. Un matériau porteur, rassurant, sain et performant.
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Beaucoup de qualités

Depuis 7 000 ans que l'on utilise des briques de terre cuite pour la construction, on a pu apprécier les qualités de ce matériau : solidité, durabilité, régulation de l'hygrométrie, résistance à l'eau, au feu, au gel et aux rongeurs. Après le premier choc pétrolier, en 1976 le Centre technique des tuiles et briques met au point, en s'inspirant de ce qui existe depuis peu en Allemagne et en Autriche, des briques auto-isolantes qu'on appelle alors briques G (en référence au coefficient G de mesure des déperditions thermiques d'un mur). Ces briques ont une épaisseur inhabituelle de 37,5 centimètres et présentent un très grand nombre d'alvéoles. Grâce à l'air qu'elles contiennent, l'adjonction d'un isolant devient inutile, ce qui permet de compenser en partie le surcoût de ce matériau. Leur importante inertie et un déphasage de température d'une douzaine d'heures permettent d'assurer un bon confort d'été (sur ce sujet, voir la page Se protéger des surchauffes d'été).
Des briques poreuses pour une bonne gestion de l'hygrométrie - © Antoine Bosse-PlatièreDes briques poreuses pour une bonne gestion de l'hygrométrie - © Antoine Bosse-Platière

Depuis, les fabricants ont amélioré la porosité des briques pour renforcer leur perméabilité à la vapeur d'eau, et ils ont mis au point un système de maçonnerie à joint mince à base de ciment colle qui supprime les ponts thermiques des joints épais en mortier. Le temps de montage est également réduit. Les fabricants proposent toute une gamme (briques d'angle, linteaux, blocs à ébrasement pour fenêtres...) qui en font un système constructif cohérent et complet.

Une cuisson très gourmande en énergie

La brique monomur rassure et les maçons s'adaptent facilement à ce mode constructif. D'où son succès auprès du public sensibilisé aux problèmes d'environnement. D'autant que c'est un matériau porteur, adapté à les constructions à plusieurs étages, pour l'habitat collectif comme pour le tertiaire. Mais malgré toutes ses qualités et bien que la brique soit recyclable et les ressources en argile considérables, la cuisson des briques à environ 1 000°C pendant plusieurs heures - généralement dans des fours à gaz - vient sérieusement plomber son bilan écologique. Chaque matériau a ses inconvénients : l'énergie grise nécessaire pour la cuisson des briques monomur est leur talon d'Achille. Certains fabricants comme Imerys ont fait l'effort d'utiliser le biogaz d'un site de stockage de déchets voisin pour la cuisson des briques de leur nouvelle usine de Mably dans la Loire.

Selon les zones climatiques et les performances d'isolation recherchées, vous avez le choix entre des briques monomur de 30, 37,5, 42,5 ou même 50 cm d'épaisseur. Et pour réduire l'impact écologique et le coût du transport (les briques, c'est lourd !), choisissez le site de production le plus proche de chez vous.

Antoine Bosse-Platière

Les autres monomurs :

Outre la terre cuite, on trouve aujourd'hui plusieurs blocs monomurs à base de bétons allégés.

- Le béton cellulaire forme des blocs particulièrement légers élaborés à partir d'un mélange de sable siliceux, de ciment (20-30 %), d'eau, de chaux (10-20 %) et de 0.05% de poudre d'aluminium. Cette dernière provoque avec la chaux une réaction chimique qui génère d'innombrables bulles d'air et lui fait augmenter de cinq fois son volume. Les caractéristiques isolantes sont très bonnes, mais son inertie et sa résistance mécanique sont faibles. Le bilan écologique est mitigé. Le béton cellulaire étant très hygroscopique, on préconise de le recouvrir avec des enduits hydrofuges synthétiques qui bloquent sa perméabilité à la vapeur d'eau. En écoconstruction, on lui préférera d'autres matériaux.
- Monomur en béton léger à base de billes d'argile et de verre expansé ou encore de pierre ponce. Des matériaux très isolants tout en étant perméables à la vapeur d'eau. Mais leur diffusion est assez confidentielle et les prix élevés. Le monomur pierre ponce exploite une pierre d'origine volcanique déjà poreuse à l'état naturel, mais cette ressource naturelle est relativement limitée et importée.

Principaux sites de production :

  • Monomur Porotherm 30, 37,5 et 50 cm : Alsace, Bassin parisien et Ain.
  • Monomur de 30 et 37,5 cm : Sud-Ouest, Loire et Loire-Atlantique.
  • Monomur Bio'Bric de 30 et 37,5 cm : Maine-et-Loire et Vendée.

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