Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Lutter contre les maladies en bio

© Jean-Jacques Raynal
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Au même titre que les ravageurs, les maladies risquent de mettre à mal vos récoltes. Avant de sortir l’artillerie lourde, dommageable pour votre santé et l’environnement, adoptez des méthodes bio !
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Mildiou, oïdium, monilia, tavelure, des noms à faire frémir les feuilles de vos tomates, de vos roses ou de vos pommiers… Et on les comprend : les maladies causées par les champignons sont souvent aussi soudaines que tenaces, aussi massives que sévères. Mais, parmi les champignons de même que chez les animaux et les plantes, le jardinier compte des indésirables et des auxiliaires. Les champignons du sol jouent en effet un rôle clé dans les processus de décomposition de la matière organique et dans la mise à disposition d’éléments nutritifs aux plantes. A ce titre, ils apportent une contribution fondamentale à la fertilité du sol. Par conséquent, l’utilisation de fongicides détruisant indifféremment les amis et les ennemis n’est pas satisfaisante dans un jardin biologique.

Comment prévenir les maladies ?

La question principale est la suivante : comment se prémunir des champignons dévastateurs, tout en préservant les précieux mycéliums qui tissent des réseaux denses dans les terres fertiles ?

  • Choisir des variétés résistantes et adaptées au climat. Certaines variétés ont développé des résistances sous la pression de sélection naturelle ou orientées par les besoins de l’agriculture. Les gammes de variétés rustiques et locales (voir choisir ses semences) offrent de précieuses ressources à explorer pour se prémunir des maladies.
  • Eviter de créer des conditions favorables au développement des spores. La connaissance des conditions de développement des champignons parasites (température, humidité, hôte primaire…) est utile pour s’opposer à leur progression. Elle conduit à adopter des pratiques appropriées au type de maladies : aération suffisante du sol, densité de semis et de plantation favorisant une ventilation naturelle, arrosage au pied des plantes pour éviter la stagnation d’eau sur les feuilles. Sans oublier la pratique des rotations et les associations des cultures qui se protègent mutuellement : basilic et tomates, raifort et ail au pied des arbres fruitiers…
  • Couper et brûler les parties malades des plantes atteintes pour empêcher leur dissémination ultérieure.
  • Favoriser la mycorhization. Les associations symbiotiques entre une plante et des champignons mycorhiziens multiplient les surfaces d’absorption des racines. La disponibilité en eau et en sels nutritifs est ainsi fortement accrue pour la plante. De plus, les plantes mycorhizées résistent généralement mieux aux attaques des champignons parasites. La mycorhization est favorisée par des apports de matière organique et inhibée par la richesse en phosphore des engrais tels que le guano, les farines de plumes ou de poisson. D’autre part, certaines cultures ne mycorhizent pas (crucifères, tels choux, radis, navet, moutarde, et chénopodiacées, tels betterave, épinard, bette). Leur succession à un endroit du potager risque de faire disparaître progressivement les mycéliums du sol qui ne trouveraient plus de plantes hôtes pour se développer. La planification des rotations est à ce titre prépondérante.
  • Utiliser des traitements préventifs et curatifs végétaux aux propriétés fongicides : purin de prêle, décoction d’ail, de raifort ou de fenouil… Par ailleurs, les algues et poudres de roche renforcent les défenses immunitaires de la plante. Utilisées en complément des traitements, elles améliorent leur efficacité. Les bouillies à base de soufre et de cuivre sont à appliquer avec modération du fait de leur action non spécifique. En cas de pulvérisation, veiller à cibler le produit sur les parties aériennes en évitant le contact avec le sol.


Mais avant d’y avoir recours, pourquoi ne pas expérimenter ces astuces éprouvées avec succès par des jardiniers amateurs : pose de coquilles d’œuf et décoction de noix de lavage (Sapindus mukorossi) contre la cloque du pêcher, pulvérisation d’une émulsion de lait contre l’oïdium des courges, ou encore plantation de navets au pied des abricotiers contre la moniliose…

Antoine Bosse-Platière 
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