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© Antoine Bosse-Platière
Forêt française en expansion, bilan carbone neutre, le bois fait partie des énergies renouvelables. Avec l’apparition des nouvelles générations de poêles et chaudières, au rendement optimisé, il devrait encore gagner en matière d’émissions de polluants.

Le bois est une énergie qui se reconstitue beaucoup plus rapidement que les énergies fossiles. © Antoine Bosse-Platière
Le bois, au même titre que le solaire, l'éolien ou la géothermie, fait partie des grandes énergies renouvelables.
- Une ressource importante en France : la forêt française couvre, selon les derniers chiffres du ministère de l'Agriculture de 2006, 16,6 millions d'hectares, soit plus de 30% du territoire métropolitain (on décompte évidemment l'immense forêt guyanaise...). Pour mémoire, elle ne couvrait que 11 millions d'hectares en 1950. En moyenne, elle gagne 50 000 hectares par an.
- Le stock est sous-exploité : en moyenne, on n'exploite chaque année que 65% des peuplements pour l'industrie, le bois d'œuvre et le bois de chauffage. Sachant que la mortalité naturelle des peuplements est de 5%, il reste environ 30% de la croissance annuelle de la forêt, soit 28 millions de m3, qui ne sont pas exploités. Ce qui explique l'accroissement de la forêt française.
- C'est une ressource qui se reconstitue plus rapidement que les énergies fossiles : 15 à 200 ans, contre 250 à 300 millions d'années pour le charbon, et jusqu'à 450 millions d'années pour le pétrole...
- Certes, le bois émet du dioxyde de carbone (CO2), l'un des principaux gaz à effet de serre, lors de sa combustion, mais il aurait de toute façon dégagé ce CO2 emmagasiné tout au long de sa croissance en mourant de sa "belle mort" au fin fond d'une forêt. Car la décomposition du bois mort, au même titre que sa combustion, relâche le CO2 stocké par l'arbre au fil des ans pour la photosynthèse. On estime donc que le bilan théorique du bois-énergie est neutre en termes d'émissions de gaz à effet de serre.
- Le bois émet peu de soufre (SO2), contrairement au fioul et au charbon. Par contre, pour les autres polluants, le tableau est un peu plus contrasté, ce qui a donné lieu à des études et articles dénonçant les pollutions dues au chauffage au bois. Sa combustion émet autant d'oxydes d'azote que les combustibles fossiles. Pour les composés organiques volatiles (COV), le monoxyde de carbone et les particules fines, les émissions sont extrêmement variables. Elles sont faibles avec les appareils récents à haut rendement qui permettent une combustion plus complète. Elles augmentent si l'appareil est au ralenti ou si le bois n'est pas bien sec. Elles deviennent même très élevées avec des appareils anciens. Les électrofiltres installés sur le conduit de cheminée sont efficaces contre les particules mais bien trop coûteux pour le particulier. La solution passe par des normes plus sévères imposées aux fabricants (label Flamme verte) et par une "prime à la casse" pour les vieux appareils, qui pourrait prendre le relais du crédit d'impôt après 2009.
Marie Arnould