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L'édito du mois n° 222 janvier-février 2017

Tiré du n° 222 des 4 Saisons du jardin bio, janvier/février 2017

Du changement… mais pas pour tout le monde

Avril 2016, une matinée ensoleillée dans une charmante bourgade en bord de Loire. Un employé municipal – masque, combinaison, gants – s’active. Sa tâche ? Éradiquer les mauvaises herbes des pavés, à grand renfort de pulvérisateur et de pesticides. On n’est plus qu’à six mois de l’interdiction définitive des produits phytosanitaires pour les collectivités locales, mais il y a peut-être des stocks à finir, sait-on jamais, ce serait dommage de gâcher. Nous nous écartons autant que possible, nous disant que cette scène sera bientôt (enfin !) une relique du passé.

Premier janvier 2017, ça y est, l’interdiction entre en vigueur. Plus de produits phytopharmaceutiques pour la voirie, les espaces verts, les forêts ou les promenades ouvertes au public. Seuls sont désormais autorisés les produits de biocontrôle*, ceux qui sont disponibles en agriculture biologique et ceux “à faible risque” (trois recensés à ce jour). Cependant, l’interdiction n’est pas valable pour les cimetières, les terrains de sport et les voies difficiles d’accès. Il ne faudrait pas que les herbes folles viennent déranger les sinistres pierres tombales made in China et le gravillon roi des allées mortuaires… Pour les particuliers aussi, les choses changent : dans les jardineries, à compter également du 1er janvier, les pesticides ne peuvent plus être vendus en libre service. Une première étape avant leur interdiction en 2019. À cette date, la mise sur le marché, la délivrance, l’utilisation et la détention des produits mentionnés seront interdites aux amateurs.

Pour l’instant, aucune interdiction n’est prévue dans l’agriculture. Le plan Ecophyto 2018, qui prévoyait la diminution de 50 % des pesticides à l’horizon 2018, a été un échec patent : non seulement l’utilisation des pesticides n’a pas baissé, mais elle a même légèrement augmenté ! Le plan Ecophyto 2, mis en place fin 2015, a nettement révisé les ambitions du ministère de l’Agriculture, puisqu’il vise une baisse de 50 % à l’horizon 2050 – soit d’ici trente-trois ans !

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

*Produits mettant en oeuvre des mécanismes propres aux plantes ou aux bio-agresseurs et/ou des dispositifs naturels.

 

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