Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 219 juillet-août 2016

Tiré du n° 219 des 4 Saisons du jardin bio, juillet-août 2016

La menace des OGM cachés

On pensait les OGM largement en perte de vitesse en Europe : leur culture est interdite dans de nombreux pays comme la France, l’Allemagne, la Bulgarie, la Lettonie, la Grèce, la Croatie, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, les Pays-Bas, l’Italie, le Danemark… Et l’obligation de signaler leur présence dans les aliments lorsque leur pourcentage dépasse les 0,9 % a largement limité leur développement. Même si la viande, elle, peut être issue d’animaux ayant été élevés avec des aliments OGM – ce qui est le cas en France, les animaux d’élevage conventionnel étant largement nourris avec des tourteaux de soja génétiquement modifiés en provenance du Brésil ou de l’Argentine.

Mais aujourd’hui, la menace est ailleurs, avec les OGM dits “cachés”, obtenus grâce à de nouvelles techniques qui permettent de modifier le génome d’une plante sans transgénèse, c’est-à-dire sans recourir à l’introduction d’un gène extérieur. Les chercheurs provoquent des mutations ciblées dans le génome d’une plante et sélectionnent, parmi les résultats de mutation obtenus, ceux qui répondent aux critères recherchés : rendement, résistance aux parasites, tolérance à la sécheresse…

En France, c’est le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) qui est censé évaluer de façon indépendante ces nouveaux OGM. Or sept associations viennent d’en claquer la porte : les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, la Fédération nationale de l’agriculture biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, le réseau Semences Paysannes et l’Union nationale de l’apiculture française déplorent que le HCB n’ait pas pris en compte l’avis divergent d’Yves Bertheau, directeur de recherche à l’Inra, qui pointe les risques de ces nouveaux OGM. Or c’est la position du HCB qui va étayer la position de la France sur ces questions au niveau européen.

La frontière devient mince entre nouveaux OGM et variétés conventionnelles : c’est le risque que pointe Yves Bertheau, qui craint qu’une part importante des premiers ne soient plus distingués des secondes et soient donc exemptés d’évaluation des risques, d’autorisation, d’étiquetage et de suivi… Un risque de manipulation du vivant généralisé, que les associations n’ont pas voulu cautionner.

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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