Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 217 mars-avril 2016

Tiré du n° 217 des 4 Saisons du jardin bio, mars-avril 2016

Gilet pare-balles

Depuis le 29 février, la saison de chasse est terminée. Une saison endeuillée par deux accidents de chasse dramatiques. L’un, à Revel (Isère) le samedi 10 octobre : un étudiant de 20 ans était victime d’un tir sur un sentier très fréquenté des environs de Grenoble. L’autre s’est déroulé dans le massif du Semnoz, non loin d’Annecy (Haute-Savoie), le samedi 5 décembre. Un adepte de course en montagne était touché en pleine tête par un chasseur. Ce père de deux enfants, âgé de 43 ans, décédait dans les bras de son épouse, venue courir avec lui.

Dans les deux cas, les accidents se sont déroulés dans des zones de randonnée où la fréquentation est très importante le week-end. Ceux qui se baladent souvent le dimanche en font l’expérience régulièrement : même dans des parcs périurbains, proches de grandes agglomérations, il n’est pas rare d’entendre des détonations et de regretter de se promener sans gilet fluo et sifflet pour signaler sa présence ! Certes, de nombreux départements ont instauré un voire deux jours sans chasse, mais c’est en général la semaine… pas le week-end.

Bon an mal an, ce sont près de 150 accidents de chasse qui se produisent, et sept fois plus le dimanche, jour où la nature est la plus fréquentée par les promeneurs, joggeurs, cyclistes, cavaliers… Selon les résultats d’un sondage commandé à l’Ifop par le Collectif pour un dimanche sans chasse, 79 % des Français seraient favorables à l’arrêt de la chasse le dimanche. On ne peut continuer à chasser en France comme il y a cinquante ans, lorsque les autres usagers de la nature étaient quasiment inexistants. Dans un pays où les effectifs de chasseurs ne cessent de baisser – de 2,4 millions en 1975 à un million environ aujourd’hui –, il est temps de penser un partage du territoire en adéquation avec la société actuelle. Jours sans chasse, zones où l’on ne peut chasser parce que trop proches des habitations ou des zones urbaines… il y a un chantier démocratique à mener. Le chasseur n’est pas un usager comme un autre : avec son arme, il est de facto beaucoup plus dangereux. S’il a des droits, il a aussi des devoirs, notamment de ne pas mettre en danger la vie humaine.

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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