Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 214 septembre-octobre 2015

Tiré du n° 214 des 4 Saisons du jardin bio, septembre-octobre 2015

Pesticides, le long chemin

C’est acté. Le Sénat puis l’Assemblée nationale ont voté en juillet l’amendement de la loi de transition énergétique concernant l’interdiction des pesticides : prévue à l’origine en 2020 pour les collectivités locales et en 2022 pour les particuliers, elle a été avancée à 2017 pour les premières et 2019 pour les seconds.

Pour les particuliers, l’interdiction prendra même forme dès 2017. En effet, à compter du 1er janvier 2017, les points de vente devront limiter l’accès aux produits phytosanitaires, qui ne seront disponibles qu’au comptoir : terminés les alignements de produits en vente libre. En juin, par un de ces “coups de com” dont elle a le secret, Ségolène Royal avait d’ailleurs bousculé les négociations en déclarant qu’un amendement à la loi de transition énergétique allait proposer d’interdire la vente libre du glyphosate – principe actif du Roundup, commercialisé par Monsanto – dès le 1er janvier 2016. Ces déclarations faisaient suite au classement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du glyphosate en « cancérogène probable ». Ce classement s’appuie notamment sur des études qui ont montré des risques accrus de cancer du sang en cas d’exposition professionnelle à ce pesticide de synthèse, le plus utilisé dans le monde – en France, plus de 8 000 tonnes en ont été déversés dans l’environnement en 2011.

Si l’évolution s’accélère au niveau des particuliers et des collectivités locales, rien ne bouge du côté de l’agriculture. Générations Futures s’étonne que le ministre Stéphane Le Foll n’envisage pas une seconde d’interdire l’usage des produits à base de glyphosate aux agriculteurs, ces derniers étant à l’évidence les plus exposés aux risques. Quand on sait que les pesticides utilisés par les particuliers et les collectivités ne représentent que 5 à 10 % des pesticides épandus globalement dans le pays, on relativise la portée de l’avancée votée cet été et on mesure le chemin qui reste à parcourir…

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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