Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 210 janvier-février 2015

Tiré du n° 210 des 4 Saisons du jardin bio, janvier-février 2015

Utopie ou arnaque ?

Prenez une quinzaine de collaborateurs des 4 Saisons, asseyez-les autour d’une table et faites-les parler de la permaculture. Vous pouvez être sûrs que la discussion sera animée. « La permaculture, c’est comme M. Jourdain, on en fait tous sans le savoir ! » assène l’un. Ne jamais laisser un sol à nu ou accroître la biodiversité de son jardin afin d’en faire un écosystème complet et résilient sont en effet prônés depuis longue date dans le jardinage bio, à commencer par les 4 Saisons. « On frôle l’arnaque lorsque du public est formé à la permaculture en 3 ou 6 jours par des gens qui viennent à peine de se former eux-mêmes… » affirme l’autre, taclant les nombreux stages qui fleurissent en France. Mais aussi des avis plus nuancés : « Ce qui est intéressant, en permaculture, c’est la notion de zonage et l’insistance sur le fait qu’une chose doive avoir plusieurs rôles, ça permet d’aller plus loin dans la réflexion globale »…

Il y avait longtemps que le débat n’avait autant fait rage autour d’une méthode de culture. Tant mieux, c’est signe de la vitalité du jardinage. Le signe que des jeunes ont envie de s’y mettre, y projettent leurs rêves, leurs utopies. C’est aussi le signe qu’à une période où le jardinage bio est sorti du ghetto, touchant désormais largement le grand public, certains ont envie d’aller plus loin, de trouver d’autres méthodes, encore plus alternatives, plus poussées, plus pionnières. C’est dans l’ordre des choses : une alternative chasse l’autre.

Mais il ne faudrait pas croire qu’une méthodologie – et la permaculture en est une, comme savent si bien les créer les Anglo-Saxons – fera de vous un bon jardinier d’un seul coup d’un seul. Rien ne remplacera l’expérience sur la durée, la confrontation des grands principes à la réalité de votre jardin. C’est ce que nous disent Stuart Anderson et Josiane Goepfert, qui se sont lancés dans des démarches de permaculture et nous expliquent leur progression, leurs tâtonnements, ce qui fonctionne chez eux – ou pas. C’est ce que nous montrent les Anglais que nous sommes allés voir dans le Devon, l’un des berceaux de la permaculture. Rien ne remplace le cheminement que chacun doit faire, à son tour, chaque jour, pour s’approprier les multiples connaissances, les nombreux savoir-faire qui font de quelqu’un, au bout d’un long apprentissage, un bon jardinier.

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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