Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 209 novembre-décembre 2014

Tiré du n° 209 des 4 Saisons du jardin bio, novembre-décembre 2014

Au revoir Maya l’Abeille…

C’est effarant de voir à quel point les insectes sont détestés. Abeilles, fourmis, carabes… tout ce qui vole ou rampe déclenche chez la grande majorité des gens la peur ou la répulsion. Ne parlons pas des guêpes, qui provoquent l’hystérie. Certes, leur piqûre est douloureuse, mais les personnes allergiques ne sont pas la majorité et il faut rappeler qu’elles sont utiles dans la nature : chaque guêpe tue en moyenne 1 000 mouches et 1 000 chenilles pour nourrir ses larves ; elle butine aussi les fleurs, participant ainsi à leur pollinisation.

Cela requiert une grande force de persuasion d’essayer de faire comprendre à ses enfants qu’une petite bête n’est pas « méchante » et qu’elle peut être utile. Tout le monde autour d’eux se ligue pour les persuader du contraire : enseignants, animateurs, copains… Mais est-ce étonnant, finalement ? La plupart des gens vivent en ville, dans des environnements de plus en plus aseptisés, dans lequel l’insecte n’a pas sa place. Un monde où la nature est de moins en moins présente. Dans nos têtes et dans la réalité.

Dans nos têtes, c’est ce qu’on appelle « l’extinction de l’expérience de la nature ». Selon elle, les enfants grandissent avec moins d’expérience directe de la nature, et deviennent des adultes moins demandeurs de nature et dotés d’une vision a minima de sa diversité. Des chercheurs français ont testé cette théorie sur les dessins animés de Walt Disney : de 1937 et Blanche-Neige et les sept nains, à 2010 et la sortie de Raiponce, le nombre d’espèces animales représentées a diminué. Dans les années 1940, les scènes dans des paysages naturels (au moins un arbre ou une plante) représentent environ 80 % des scènes en extérieur ; dans les années 2000, on passe à 50 %. Au fil des générations, les dessinateurs de Walt Disney ont grandi de plus en plus loin de la nature, et la place de cette dernière a rétréci dans leur imaginaire…

Dans la réalité, les entomologistes sont inquiets. Les insectes seraient victimes d’un déclin généralisé, dû en particulier aux « néonicotinoïdes », ces pesticides mis sur le marché depuis les années 90 et clairement incriminés dans le déclin des abeilles. Maya l’Abeille n’est pas prête de revenir sur les écrans de nos enfants…

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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