Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 208 septembre-octobre 2014

Tiré du n° 208 des 4 Saisons du jardin bio, septembre-octobre 2014

Nouvel épisode du dossier ou clôture définitive ? Difficile à ce jour de se prononcer, tant la guerre de l’ortie a vécu de rebondissements depuis 2006. Mais le vote de la nouvelle loi d’orientation agricole, en juillet, est incontestablement une avancée en matière de purins – ortie, prêle, consoude… – et autres PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes). Selon l’association Aspro-PNPP, qui se bagarre depuis huit ans pour les faire reconnaître, elles « bénéficieront enfin d’une vraie procédure simplifiée. Les agriculteurs pourront les utiliser et les producteurs les vendre. Finis les lourds dossiers d’autorisation de mise sur le marché qui reviennent à les interdire. »

La loi distingue deux catégories de PNPP : seules celles qui revendiquent une action phytopharmaceutique (combattre directement un pathogène, maladie ou ravageur...) devront être agréées sur la base d’un dossier simplifié, sans obligation d’autorisation de mise sur le marché. Celles qui n’en revendiquent pas seront reconnues comme “biostimulants” et les procédures seront encore plus simples. Une classification qui rejoint celle utilisée en Allemagne et en Espagne. Si Aspro-PNPP s’est réjouie que le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll ait appuyé ce vote, elle sait aussi qu’elle devra rester vigilante. Déjà en 2006, la nouvelle loi sur l’eau avait exclu les PNPP de la catégorie des phyto, ce qui n’avait pas empêché la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) du même ministère de l’Agriculture de les y réintégrer. Et la liste des PNPP entrant dans la catégorie des biostimulants devra être définie par ladite direction, qui les a bloquées pendant huit ans…
Rappelons qu’en août 2012, le directeur de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avait écrit à la DGAL, déplorant le maintien sur le marché de produits pour lesquels l’agence avait émis un avis défavorable. De toute évidence, le ministère avait refusé de restreindre l’usage de pesticides jugés dangereux par l’Anses. L’association Générations futures avait vilipendé « le niveau de neutralité de la DGAL face aux industriels, proche de zéro ». On suivra attentivement ses prochaines décisions !

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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