Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois n° 204 janvier-février 2014

Tiré du n° 204 des 4 Saisons du jardin bio, janvier-février 2014

Sale temps pour la poiscaille

Il ne fait pas bon être un poisson. Poisson sauvage ? On a peu de chances de survivre, devant l'équipement de plus en plus sophistiqué des navires de pêche. Les poissons des grandes profondeurs se retrouvent désormais en première ligne, avec les chaluts profonds qui raclent le fonds des océans, attrapant tout ce qui bouge, quitte à en rejeter la moitié car non commercialisable... Pour la plupart des espèces, les stocks sont en chute marquée, même le maquereau, une espèce que, jusque là, on estimait en bonne santé.

Poisson d'élevage, alors ? Gîte et couvert assurés, pas de prédateurs... En plus, on s'évade facilement des fermes marines. En novembre, la société Marine Harvest, numéro un mondial du secteur, a proposé une prime de 60 € par saumon échappé de l'une de ses fermes lors d'une tempête - 127 000 saumons et aucune idée du nombre de fugitifs... Nous autres poissons d'élevage sommes accusés de transmettre des maladies à nos cousins sauvages et d'altérer leur patrimoine génétique en cas de croisement. Mais franchement, puisqu'ils sont condamnés, où est le problème ?

L'ennui c'est qu'on est mal nourris, dans ces élevages. Les farines animales, c'est pas bon. On nous gave d'antibiotiques, de pesticides. Il paraît qu'on est cinq fois plus toxique que nos cousins sauvages ! Au point que, lorsqu'on nourrit des rats de laboratoire avec mes congénères (quelle horreur !), ils deviennent obèses et diabétiques. En fait, encore une fois, la solution pourrait venir d'Amérique... Poisson transgénique, c'est le nec plus ultra ! La société AquaBounty Technologies a créé un saumon transgénique qui grossit deux fois plus vite ; il est en passe d'être autorisé à la commercialisation. On lui a implanté des gènes de loquette d'Amérique, un poisson vivant dans des eaux très froides, qui génère une protéine antigel ; utilisée en conjonction avec des hormone de croissance, elle permet d'obtenir un saumon qui produit de l'hormone de croissance à longueur d'année et grossit en conséquence. Le rêve !

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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