Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito de novembre-décembre 2012

Tiré du n°197 des 4 Saisons du jardin bio - novembre / décembre 2012

Qu'importe le magnésium !

La publication cet automne d'une étude sur l'impact des aliments bio sur la santé a déchaîné les passions. Les chercheurs de l'université américaine de Stanford ont compilé et comparé 240 études comparant les aliments bio et conventionnels aux points de vue santé, nutrition et sécurité alimentaire. Leur conclusion? Ces études ne démontrent pas que le bio présente un avantage marqué comparé au conventionnel. "Certains pensent que la nourriture bio est toujours plus saine et plus riche sur le plan nutritif. Nous avons été surpris de ne pas parvenir à ce résultat," confiait au Monde Crystal Smith-Spangler, l'un des auteurs de l'étude.

Comme toujours, il faut la regarder de près, cette étude. Comme le fait remarquer Claude Aubert, qui publie un ouvrage à ce sujet cet automne*, elle confirme de nombreux points positifs pour le bio, notamment que les produits laitiers et la viande de poulet bio sont plus riches en oméga 3 que les conventionnels, et que les aliments bio contiennent davantage de polyphénols, de puissants anti-oxydants. Elle montre aussi que le risque de contamination par les pesticides est 32% plus élevé en mangeant des produits conventionnels, citant une étude où des enfants passant à un régime bio pendant cinq jours montraient des taux significativement moindre de pesticides dans leurs urines.

Surtout, ce que n'aborde pas l'étude (ce n'était pas son intention!), ce sont les multiples raisons, hormis sa petite santé, pour lesquelles on se tourne vers le bio. Est-ce uniquement pour avoir des taux de phosphore, de vitamine C, de calcium ou de magnésium plus élevés? Je ne crois pas. La plupart des consommateurs achètent ce type de produits pour avoir d'autres relations avec les producteurs, d'autres relations avec les revendeurs, pour faire vivre un autre type de commerce. Et surtout parce qu'il est important pour eux de savoir que papillons et oiseaux volent dans les vergers où ont mûri leurs pommes. Que les vers de terre peuplent par milliers dans les sols des exploitations où ont poussé leurs légumes. Tout simplement. Et c'est déjà pas mal.

Marie Arnould, rédactrice en chef

* Manger bio, c'est mieux, nouvelles preuves scientifiques à l'appui, par Claude Aubert, Denis Lairon et André Lefèbvre

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