Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Quels poissons consommer ?

©F. Barberousse
legende ©F. Barberousse
Réputé pour ses qualités diététiques, mais pollué et menacé d’extinction pour certaines espèces, le poisson soulève de nombreuses questions : faut-il en manger, lequel choisir ?
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Les stocks de poisson sont en grande difficulté. On entend dire qu'il n'y a plus de cabillaud dans l'Atlantique nord, que le thon rouge est en danger d'extinction... Peut-on encore vraiment en manger ? Selon certaines associations comme Sea Shepherd, l'association du capitaine Watson qui fait campagne contre mettre fin à certains massacres, comme celui des thons rouges en Méditerranée,  la réponse est non. Selon elle, les stocks sont trop fragiles, et on ne peut continuer à pêcher comme on le fait actuellement.

Pour d'autres associations, la réponse est plus nuancée. La difficulté pour les consommateurs, c'est qu'il est très compliqué de s'y retrouver, parce que certaines espèces sont en difficulté dans certaines zones, et pas dans d'autres. Ainsi les populations d'anchois de Méditerranée sont très fragiles, il vaut mieux privilégier l'anchois du golfe de Gascogne ou du Portugal. Mais sur les boîtes de conserve, la provenance du poisson est rarement indiquée ! Idem pour le cabillaud : il faut éviter la consommation de cabillaud de l'Atlantique Nord-Est, mais selon l'association Good Planet, on peut consommer du cabillaud du Nord-Est Arctique, d'Islande ou du sud de l'Irlande… Mais peu de poissonniers affichent les détails de provenance ! Pour couronner le tout, les noms des espèces sont parfois porteurs de confusion : tout le monde ne sait pas que la morue, c'est du cabillaud séché et salé. Donc évitez également la morue. Mieux vaut soit choisir du cabillaude labellisé MSC (Marine Stewardship Council, qui labellise des pratiques de pêche durables), soit opter pour d'autres poissons blancs.

Comment s'y retrouver ?

Certaines espèces sont à éviter quelle que soit leur région d'origine : le thon rouge, le grenadier, l'empereur, la dorade rose, l'anguille, le sabre noir, la saumonette et tous les requins, la perche du Nil, la sébaste, la lingue et la légine.

Dans ceux que vous pouvez privilégier, optez pour le lieu noir ou le lieu jaune, le colin d'Alaska, la lotte, le bar de ligne (si vous en avez les moyens…), le tacaud, la sardine, le saint-pierre, le mulet, le maquereau, le lieu noir et le lieu jaune, le hareng, la dorade grise et la dorade royale, le congre, le colin d'Alaska…

Sachez qu'enfin les stocks fluctuent. Certains plans de sauvegarde donnent des résultats encourageants : lorsque l'on interdit la pêche, les stocks peuvent se reconstituer ! Ainsi, dans l'Atlantique nord, en 2003, on estimait que 94 % des stocks étaient surpêchés. En 2014, ce pourcentage était tombé à 41 %, signe qu'un redressement est en cours. En Méditerranée, par contre, 95 % des stocks sont encore surexploités. En plus, il y a aussi des questions de saison : c'est un non sens de pêcher une espèce fragile en pleine période de reproduction. Ainsi, il devrait être interdit de commercialiser le bar de janvier à mars. Donc, si vous avez une subite envie de bar, attendez avril, lorsque la saison de reproduction sera terminée !

 

Les poissons recommandés

Il faut se tourner vers les poissons “populaires”, peu pollués et non menacés, et riches en oméga 3 (voir aussi la liste complète des poissons peu menacés, poissons de mer et poissons d'eau douce) :

EspècesAvantages
Inconvénients
À préférer
Hareng, maquereau, sardine, sprat Riches en oméga 3
Peu pollués
Non menacés
Peu coûteux
Néant 
À préférer aussi…
Barbeau, brème, carpe, chinchard, corégones, congre, gardon, goujon, lotte, mulet, omble-chevalier, perche (origine Europe), rouget grondin, saint-pierre, tacaud, tanche, truite (élevage bio) Peu pollués

Non menacés

Teneur en oméga 3 moyenne à faible

À consommer moins fréquemment

Anchois, bar (de ligne ou élevage bio), capelan, colin d'Alaska, dorades (grise ou royale), éperlan, lieu jaune, lieu noir, merlu, poisson chat, rascasse, sar, silure, tilapia

Mollusques, coquillages, crustacés (sauf homard)


Peu pollués

Non menacés


Risques de surpêche non exclus dans certaines régions

Problèmes liés à la pisciculture (tilapia)

Teneur en oméga 3 généralement faible

À ne consommer qu’occasionnellement

Brochet, rouget barbet, sandre, saumon (du Pacifique), thon germon


Saumon et thon sont riches en oméga 3

Intérêt gastronomique

Souvent plus pollués et risques de surpêche plus élevés que pour les précédents

Les règles d’or

  •  Choisir du poisson pêché à proximité (rivière, lac ou mer) pour un maximum de fraîcheur et un minimum de transport
  • Respecter la saisonnalité (voir le calendrier)
  • Ne pas consommer du poisson plus de deux fois par semaine en moyenne
  • Ne pas oublier les poissons gras, pour l'apport d'oméga 3
  • Éviter les grosses portions
  • Préférer les poissons disposant du label MSC et les espèces non prédatrices
  • Bannir les poissons d'aquaculture non biologique.

  • Voir l’article en archive “Poisson, trop souvent pollué” du n°145 (mars-avril 2004) des 4 Saisons du jardin bio.
  • Voir l’article en archive “Élevage, une alternative à la pêche ?” du n°145 (mars-avril 2004) des 4 Saisons du jardin bio.
  • Voir l’article en archive “Poisson, vers un élevage durable ?” du n°166 (septembre-octobre 2007) des 4 Saisons du jardin bio.
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